Immersion

Une expo où «tout est vrai» après une autre, Toutankhamon, où «tout était reconstitué», explique Vincent Sager, directeur d’Opus One, la société qui accueille «Titanic» – L’exposition à Genève (et qui l’enrichit d’un volet sur les passagers suisses, lire notre supplément Sortird’octobre 2014). L’authenticité des objets est à la fois le fondement sur lequel repose l’exposition et son aspect le plus litigieux (lire ci-contre). En parcourant l’accrochage, source d’un envoûtement incontestable, on découvre que l’expérience fonctionne pour l’essentiel en dehors des artefacts exposés. L’effet immersif est créé par la reconstitution des cabines et du grand escalier, par les récits déroulés sur de grands panneaux, par la pénombre bleuie dans laquelle on déambule, par les photographies géantes. Dans celles-ci, les objets rayonnent d’une superbe étrangeté dans leur environnement sous-marin: ça donnerait presque envie de faire un acte de courtoisie et de les sortir de leurs vitrines, pour les remettre à l’eau.