Jusqu'ici, les climatologues s'étaient concentrés sur l'évolution des températures. Il ne fait presque plus de doute que le réchauffement observé depuis la fin du XIXe siècle est dû aux activités humaines. Or les thermomètres ne sont pas les seuls à indiquer une dérive récente. Des chercheurs canadiens ont découvert que les baromètres marquent également un changement. Les scientifiques, qui présentent leurs conclusions dans la revue Nature du 20 mars, ont étudié les mesures de pression atmosphérique au niveau de la mer entre 1948 et 1998.

Ils constatent que la pression atmosphérique moyenne entre les mois de décembre et février, calculée sur une décennie, a varié de façon significative en cinquante ans. La pression a augmenté sur le nord de l'Afrique, l'Asie et sur l'Atlantique nord subtropical. Plus près des pôles et sur l'Atlantique nord, en revanche, la pression a diminué. Les trois ensembles de données indépendants analysés par les chercheurs montrent les mêmes tendances.

Pour savoir si cette évolution est due à l'homme, les auteurs ont tenté de reproduire les observations à l'aide de modèles climatiques. Or ces simulations n'ont été conformes à la réalité qu'en tenant compte des émissions anthropiques de gaz à effet de serre et de particules soufrées. Autrement dit, le système climatique «naturel» à lui seul semble incapable de présenter de telles fluctuations des pressions atmosphériques.

Les scientifiques canadiens observent en outre que les changements de pression mesurés sont beaucoup plus forts que ce que prévoyaient les modèles climatiques antérieurs. L'impact des activités humaines sur ce paramètre météorologique a donc été sous-estimé. Et comme les différences de pression sont le véritable moteur de l'atmosphère, leur perturbation risque de provoquer des changements climatiques régionaux importants.