Le 2 mars dernier, une rencontre pour la paix au Kosovo s'est tenue à Pristina. Elle réunissait l'Eglise orthodoxe, l'Eglise catholique romaine et la communauté islamique. Les participants ont lancé un appel pour une solution pacifique: «Tout le monde a le droit de vivre au Kosovo, cette région ne doit pas appartenir à une communauté plutôt qu'à une autre.»

Le 23 mars, veille des premières frappes de l'OTAN, les membres du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe ont rappelé à la communauté mondiale «que le mal, au Kosovo ou ailleurs, ne saurait être guéri par un mal plus grand encore».

Le 25 mars, au matin des premiers bombardements, le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe, Paul Ier, a condamné l'action de l'OTAN dans un communiqué officiel. Il est rapidement soutenu par l'évêque Luka, responsable des diocèses de l'Eglise orthodoxe serbe d'Australie et d'Europe occidentale.

Le lendemain, c'est au métropolite Jérémie, président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France et de la Conférence des Eglises européennes de déclarer dans les colonnes du Figaro: «Nos Eglises ont prouvé qu'elles veulent l'entente et le dialogue, même avec les musulmans, et au-delà de tout ce qui peut nous séparer dans la théologie et la spiritualité.» Il en profite pour défendre l'Eglise serbe accusée de mener une guerre religieuse au Kosovo.

En février, une assemblée épiscopale s'était réunie à Belgrade afin de définir la position de l'Eglise orthodoxe serbe sur la question du Kosovo à la veille de Rambouillet. Une prise de position sans ambiguïté: «Le Kosovo constitue l'âme et la destinée du peuple serbe… une terre sur laquelle un peuple et son Eglise possèdent des titres de propriété séculaires, scellés par des morts innombrables et le sang des martyrs.» Pour l'Eglise, les accords de Rambouillet sont un «diktat partial de la part des grandes puissances», en aucun cas «une proposition équitable et démocratique».

à Pâques, l'Eglise a d'ailleurs réaffirmé ses convictions lors de son message. Elle n'en est pas moins partagée. Au Kosovo, des représentants de l'Eglise orthodoxe ont été récemment accusés de traîtrise envers le peuple serbe, pour avoir pris position contre la politique du régime, et pour avoir rencontré l'opposition serbe, ainsi que des membres de l'UÇK.

Co. Bl.