Depuis plusieurs années, le 1er février est devenu la Journée nationale en mémoire des victimes de la toxicomanie. Une journée pour nous rappeler qu'en Suisse, selon l'Office fédéral de la santé publique, si la consommation d'héroïne par les 15-39 ans est restée constante entre 1992 et 1997 (1,3%), la consommation de cocaïne a beaucoup augmenté, passant de 2,7% en 1992 à 4,2% en 1997.

A Genève, l'Antenne Drogue Famille (ADF) a décidé de profiter de l'occasion pour descendre dans la rue et informer les gens des dangers de la consommation de drogue. «Il est fondamental que les victimes, qu'elles soient toxicomanes ou parents de drogués, ne soient pas oubliées.» Danièle Geisendorf Sapey, présidente de l'ADF, a ainsi décidé de tenir, jeudi, un stand sur la place du Molard et de proposer, ce soir, une pièce de théâtre.

Si l'association collabore avec toutes les infrastructures existantes dans le domaine de la drogue, elle s'occupe avant tout des parents de toxicomanes. «C'est majoritairement les mères qui viennent nous voir, constate Danièle. Elles n'ont, pour la plupart, jamais osé parler à leur entourage et viennent ici en dernier recours, désespérées.» Elles arrivent à s'y sentir en confiance, car leur démarche est anonyme et gratuite, et ne se sentent pas jugées parce que les bénévoles du centre sont elles-mêmes des mères de toxicomanes.

Ainsi, l'association devient, selon sa présidente, «la famille des gens qui ont tout perdu». Créée il y a six ans, l'ADF cherche pourtant toujours à se faire connaître. C'est pour cela que lors de la journée du 1er février, des tracts informatifs et des rubans blancs sont distribués dans la rue, et des bénévoles sont, toute l'après-midi, à l'écoute des gens. Ce soir, avant un débat public autour de la communication dans la famille, une pièce de théâtre sera jouée par la troupe CaméLéon. Elle sera interactive, ainsi les spectateurs pourront y participer et mieux comprendre les problèmes de chaque membre d'une famille qui se retrouve face à un tel drame.