«Une première mondiale», s'enorgueillit la SSR. Baptisé, avec une élégance inouïe, «Radiocontrol», le nouveau système de mesure d'audience radiophonique qu'introduit le service public fournira des données plus précises que le système actuel, basé sur des interviews.

La mesure est prise par une montre que portent les sondés et qui enregistre des échantillons sonores de leur environnement, 24 heures sur 24. Pour garantir la protection de la vie privée, ceux-ci sont réduits à une suite de chiffres «impossible à retranscrire en signal audible». Ces échantillons sont ensuite comparés à une base de données des programmes diffusés durant la période du test afin de recenser quelles radios ont été écoutées et pendant combien de temps. La SSR pensant à tout, inutile d'alourdir ses poignets: cette montre indique aussi l'heure.

Pour cette universitaire, qui a participé l'été dernier à une phase pilote, il ne fait aucun doute que la mesure sera plus précise. Elle avait été interrogée auparavant avec la méthode de sondage traditionnelle: «En remplissant le questionnaire, j'ai certainement indiqué des habitudes d'écoute que j'avais des mois plus tôt, ou mentionné des stations que je pensais apprécier, mais que je n'écoute plus vraiment. De plus, le sondage m'avait été adressé durant une période estivale, plus calme, durant laquelle j'écoutais plus la radio. Je pense que la montre révélera une écoute moins intensive, et surtout moins variée.»

C'est précisément ce à quoi s'attendent les responsables du Radiocontrol: avec leur système, les stations «gagnent toutes en pénétration», car le panel sera plus élargi et plus réaliste, mais elles perdront «quelques minutes d'écoute», perte due au fait que l'Etude médias, l'ancien système, arrondissait les audiences au quart d'heure là où l'incorruptible «Radiocontrol» disséquera l'écoute à la minute près. Des tests réalisés pour comparaison avec les boîtiers de mesure d'audience télévisuelle montrent une convergence des résultats à hauteur de 99%, affirme la SSR. 20 000 personnes se prêteront au jeu du «Radiocontrol» deux fois par an durant une semaine.