Une nouvelle police de caractères baptisée Common Sans, créée par la société de design Essen International à Stockholm, a pour but de lutter contre les préjugés liés à l’immigration. En tapant «réfugié» sur son clavier, un autocorrecteur le remplace par le mot «humain».

Ce projet, rapporté par Wired, a été réalisé à la demande de l’association suédoise Solvatten, pour rappeler que lorsqu’on parle de réfugiés, il s’agit avant tout d’êtres humains. «Etre un réfugié ne définit pas une personne. Ce n’est qu’un statut provisoire.»

Réactions anti-immigrants

Cent cinquante mille demandeurs d’asile ont afflué en Suède cette année. Les réactions anti-immigrants s’amplifiant, le directeur artistique de l’agence, Robert Holmkvist, a imaginé cette typographie pour contrer les sentiments xénophobes.

Common Sans, qui rappelle graphiquement les polices Helvetica et Arial, possède donc cet autocorrecteur intégré. Une fonctionnalité utilisée par les programmeurs pour corriger de manière automatisée les particularités des lettres et des accents d’une langue à l’autre. Mais c’est la première fois que le sens d’un mot entier est modifié.

Ne pas gêner le message

Le rôle essentiel de toute typo est d’être lisible et esthétique, mais surtout d’être discret, pour ne pas gêner le message dont il est le porteur. Common Sans agit à l’opposé. C’est un caractère avec son propre message, qui interfère volontairement avec le texte.

Un autre projet humanitaire à Barcelone, Homeless Fonts, est une action de la Fondation Arrels, qui vient en aide aux sans-abri. Constatant que les messages que ces hommes et femmes rédigeaient à la main sur des cartons demandant aide et assistance reflétaient leurs personnalités, elle les a accueillis dans un studio pour les faire participer à la transformation de leur écriture en polices de caractères numérisées. Puis ces dernières ont été vendues à des entreprises pour leurs campagnes publicitaires, au bénéfice des 1400 sans-abri que soutient la fondation.

Ce qui est magnifique, c’est que de simples polices de caractères, qui normalement n’ont de sens que lorsqu’elles sont alignées pour former un mot, ont été repensées pour faire passer des messages de tolérance. Grâce à des esprits créatifs en Suède et en Espagne.