Les amateurs de tuning ont des puces dans leur moteur. Ajoutées dans la boîte électronique, elles augmentent les performances des voitures. Le temps d'injection s'en trouve accru, la courbe d'allumage modifiée. Et il s'agit d'une opération légale.

Chez Digit Power AG, garage spécialisé dans le tuning, on remarque deux sortes de clients. «50% de nos clients ont des voitures diesel, explique le directeur Nicolas Portenier. Ils veulent installer des puces pour faire des économies de carburant. Les autres ont des voitures de sport. Ils demandent en premier de débrider la voiture qui est limitée à 250 km/h. Mais c'est surtout pour la frime.»

Des tests de conformité

«Les réglages d'origine sur un véhicule satisfont à différents paramètres comme les émissions de gaz, de fumée ou de bruit, déclare Jean-Marie Dumusque, inspecteur principal au Service des automobiles et de la navigation à Lausanne. Lors de modifications, nous demandons qu'une série de tests soient effectués pour voir si la voiture correspond toujours aux exigences.» La puissance du moteur ne peut pas être augmentée au-delà de 20% de la puissance d'origine du véhicule, sauf dans des cas très précis.

«Même un changement de jantes doit nous être signalé», martèle l'expert. Si d'une manière générale les garagistes se conforment aux directives, les mécaniciens amateurs outrepassent parfois leur droit. Internet offre un nombre important de possibilités de se procurer des pièces. Pour 200 francs, il est déjà possible d'acheter les premiers composants.

Les outils de diagnostic peuvent dépister les puces ajoutées par des particuliers. Mais lors des expertises, «on nous présente parfois des véhicules en ordre, dont les éléments ajoutés ont été supprimés pour l'examen». Toutefois, dans le cas d'un accident, un juge peut demander une inspection complète du véhicule. «Dans ce cas, nous envoyons le boîtier au fabricant, qui nous signale les modifications.»