L’époque est plus bobo que baba, plus concernée que futile, parfois jusqu’à l’absurde: petite collection amusée des choses de la vie quotidienne qui disent qui nous sommes.

Quand il l’a vu sur l’étalage, cet emballage de couches-culottes aux couleurs de vieille social-démocratie suédoise, il a tout de suite su que c’était pour lui.

Car depuis le jour où Serge est devenu papa, rien n’a été laissé au hasard. Oui, mon bobo s’appelle Serge, il pourrait s’appeler Martin et son fils Philoé ou encore Amaride. Son chien répondrait au nom de Bjørn. Serge existe en chacun des bobos que nous sommes, il est simplement la caricature agrégée de nos travers et inspirations de l’époque. Serge, donc, aime penser que chaque détail de sa vie est l’aboutissement d’une réflexion mêlant respect de la planète et de ses habitants, style incommensurablement au top, le tout nappé d’une on ne peut plus importante désinvolture, soulignant que si tout est ultra-millimétré chez lui, dans le fond, bah, rien n’est grave!

Avant même que son fils naisse, Serge et sa compagne s’étaient décidés, à l’aide d’heures d’écoute de podcasts natifs, à tenter l’expérience des couches lavables. Leurs quatre parents le leur avaient déconseillé mais, après tout, Mamé, la grand-mère de Serge, avait bien élevé ses cinq enfants sans bénéficier d’autres options. La vie de nos aïeux recèle bon nombre de solutions clés en main pour qui veut amorcer la décroissance de la planète! Un bébé porte des couches jour et nuit, jusqu’à ce qu’il assimile la propreté vers ses 2 ans et demi. Il sera au total changé entre 3800 et 4800 fois, soit autant de couches jetables utilisées. Pour qui se soucie de son empreinte environnementale, le choix est vite fait.

La solution miracle

Mais voilà. Lorsque Natan a vu le jour (oui, sans h, c’est moins commun), la galère des lessives a commencé. Additionnée du manque de sommeil, des imprévus de toutes sortes, entrecoupée de rendez-vous d’ostéo post-partum pour parents et bébé, il a fallu réagir. On a pesté contre l’idiote du podcast qui n’avait pas eu l’air de toucher tant que ça à la réalité, on s’est pris la tête avec les parents qui en douce avaient déjà fait un stock de couches jetables premier âge, et c’est d’un passage à la pharmacie NaturaBio du quartier qu’est née la solution. Eco by Naty, une marque suédoise de couches 100% issues de matériaux naturels et dégradables. Anti-allergènes, elles respectent comme nulle autre les fesses de bébé. Douze francs les 25 couches, 25 francs les 40 lorsque bébé grandit.

Le paquet affiche des enfants basanés avec leur père d’un blond scandinave sous le slogan «Mother nature say thank you». Pas de maman par contre sur les photos, ça ferait tellement XXe siècle... Serge commence à être un peu fauché, mais il semble plus reposé. C’est même devenu l’ambassadeur de la marque; si vous le croisez à l’apéro, il y a bien des chances qu’il vous mentionne ses langes en fibres de bambou. La classe se niche dans les détails.