Faut-il prier pour ses morts? A la Toussaint et lors de la Fête des morts (1er et 2 novembre), c’est bien ce que les catholiques feront. Les protestants, quant à eux, s’y refusent. Car depuis qu’ils possèdent leur propre théologie, tout lien entre morts et vivants est prohibé. «Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Luther, qui lance la Réforme en 1517, placarde ses 95 thèses un 31 octobre sur la porte de l’église de Wittenberg», fait remarquer Christian Grosse, historien du christianisme à l’Université de Lausanne. «La question de la mort est même centrale» chez le réformateur allemand. A l’époque, le clergé catholique profite encore d’un juteux business autour du trépas des croyants, monnayant indulgences – rachat des péchés grâce à l’argentet messes anniversaires pour les défunts.