Le Valaisan est ouvert, il aime le monde, le contact, et en plus il possède l'esprit de famille. Forte de ce constat, qui n'a peut-être pas sauté aux yeux de tous les vacanciers séjournant dans les Alpes valaisannes, la Sierroise Cathy Renggli a décidé d'attaquer une voie touristique jusqu'ici inexplorée dans le Vieux- Pays: le «bed and breakfast», ou, dit plus civilement, la chambre d'hôte. Un système convivial, bon marché, qui fait fureur un peu partout, en France notamment et dans les pays nordiques.

Pour mener à bien son projet, Cathy Renggli conçoit une méthode originale: elle recrute par petites annonces des gens désireux de louer, une, voire deux ou trois chambres dans leur maison. Puis elle trie sévèrement parmi la soixantaine de réponses reçues, en garde une vingtaine, de Troistorrents jusqu'à Bitsch dans la vallée de Conche dans le Haut-Valais, fonde une association «Cham-bres d'hôtes Valais 13», édite un guide, tout en percevant une cotisation annuelle.

La brochure guide «Cham-bres d'hôtes Valais 98», première du genre, est financée en partie par les publicités qu'elle contient, dont certaines sont le fait… d'hôteliers, comme par exemple des Bains de Saillon. Cathy Renggli trouve cela normal, estimant que les chambres d'hôtes ne font pas concurrence aux hôtels: «C'est une autre manière de concevoir le tourisme, ça touche une autre clientèle. Le Valais a connu de belles années touristiques où on ne louait qu'à la semaine ou à la quinzaine. Aujourd'hui, tout le monde n'a plus les moyens nécessaires.

Une concurrence redoutée

La concurrence avec les hôteliers, certains pourtant la redoutent: sur les 144 offices du tourisme que compte le Valais et auxquels Cathy Renggli a proposé son guide, il s'en est tout de même trouvé une dizaine pour le refuser, au motif «qu'ils ne voulaient pas se mettre à dos les hôteliers.» Dans certaines stations, il lui fut même répondu «qu'on n'avait pas besoin de ça pour vivre». Cathy Renggli refuse de jouer les délatrices: elle est en effet persuadée que les récalcitrants feront bien vite marche arrière.

Du côté des hôteliers, on prend l'apparation des chambres d'hôtes d'assez haut. Eric Biselx, directeur de l'Association hôtelière valaisanne ne croit pas au succès durable du concept: «Ça existe déjà dans le Haut-Valais et la Suisse allemande, mais ici, je ne pense pas que ça va se développer. Ça ne correspond pas au caractère ni aux traditions valaisannes.» Cathy Renggli est bien sûr d'un autre avis: «L'époque est finie où l'on attendait les clients les bras croisés derrière son bar. Aujourd'hui, on recommence à offrir des cafés ou des schnaps après un repas. Il y a une réelle prise de conscience au niveau de l'accueil et de la convivialité.» L'autre argument d'Eric Biselx porte sur la monotonie: «Les chambres d'hôtes, tout comme le tourisme rural, n'ont de chances de se développer qu'en liaison avec d'autres activités, comme la participation aux travaux des champs, la cueillette des fraises, les vendanges. Sinon, qui voudrait passer toute une semaine dans une chambre d'hôte? Ca va pour une nuit, mais pas pour des vacances.»

Une foi olympique

Cathy Renggli pense au contraire qu'une telle forme de logement offre plus de souplesse au résident: on peut changer chaque jour de stations, ou prévoir des excursions, à travers tout le Valais. Sans parler des week-ends de ski. Mais le grand espoir de Cathy Rengli, ce sont les Jeux olympiques, il n'y a qu'à consulter son numéro de téléphone pour s'en persuader: 456 20 06! Elle espère d'ici là, pouvoir afficher dans son guide près de 300 adresses.

Les critères que «Chambres d'hôtes Valais 13» impose aux membres de l'association sont assez stricts: des chambres suffisamment spacieuses, avec fenêtres, interdiction de loger plus d'une famille par chambre, possibilités pour les hôtes de partager la vie de famille en cas d'intempéries. Le prix maximum de la nuit est fixé à 50.-, petit dé- jeuner compris.

Achat du guide et renseignement sur la location deschambres d'hôtes: «Chambres d'hôtes Valais 13», Cathy Renggli, route des Liddes 12, 3960 Sierre, tél. 027/456 20 06.