«Tout ça, c'est complètement neuf. Ces immeubles, ces buildings, ces avenues, c'est la nouvelle ville.» Rien de tel que l'avis d'un taxista pour sonder l'humeur ambiante. Miguel, chauffeur de taxi valencien, a comme beaucoup de ses concitoyens un regard mitigé sur les quartiers sud-est de la troisième ville d'Espagne, érigés à quelques centaines de mètres du port réaménagé pour la Coupe de l'America.

Valence explose. L'agglomération compte un million est demi d'habitants. La ville, elle, comptait en 2005 quelque 790000 habitants. Les démographes prévoient 70000 habitants de plus en 2010. A ce rythme, l'urbanisme valencien, qui s'est senti des ailes pousser grâce, en partie, à la manne de l'Union européenne, fait éclore des immeubles par centaines.

Miguel est content. Apeuré un peu, sceptique aussi face à la rapidité du mouvement, mais fier. «Ma foi, il faut bien aller dans le sens du changement», balaie le chauffeur pour ne pas trop livrer ses états d'âme. Valence, qui s'est rendu compte tardivement qu'elle avait les pieds dans la Méditerranée - la ville a historiquement été tournée vers l'intérieur, comme Barcelone - s'élève à coups de complexes commerciaux et d'appartements parfois proches des tarifs lémaniques. «C'est une folie! Les prix sont déconnectés de la réalité des salaires. Beaucoup de Valenciens vivent désormais pour payer leur logement», explique-t-il. Avant de rentrer dans son quartier, dans un recoin pas encore relooké de la vieille ville.