La vache folle en Allemagne va bientôt connaître un nouveau volet, juridique cette fois. Un célèbre avocat de Munich, Michael Witti, prépare une action en justice au nom d'un collectif de personnes, des paysans pour la plupart. Les plaignants entendent réclamer des dédommagements pour des montants qui se chiffrent en milliards de deutsche Mark.

Le gouvernement allemand a tardé à prendre des mesures, certain de la supériorité des normes allemandes en matière de préparation des fourrages à base de farines animales. L'industrie fourragère n'a pas été plus diligente. Fort de cette analyse, les plaignants estiment qu'ils paient injustement la facture de ce laxisme. Quand une seule de leur vache est testée positive, tout le troupeau doit être abattu, ce qui peut provoquer la ruine définitive d'une entreprise familiale.

Ed Fagan en soutien

Michael Witti travaille avec l'avocat américain Ed Fagan connu pour avoir défendu aux Etats-Unis les victimes du nazisme. Ils ont déjà coopéré quand l'avocat allemand a défendu les intérêts des travailleurs forcés sous le régime national-socialiste. Il s'agissait alors de contraindre l'Etat allemand à dédommager ces victimes du nazisme. Michael Witti a aussi accepté de représenter des familles des victimes de l'accident du métro des neiges survenu en novembre dernier à Kaprun en Autriche.

Dans le cas de la vache folle, la première plainte collective devrait être déposée d'ici deux mois. Les gouvernements allemands et français seront visés. D'autres gouvernements et l'Union européenne pourraient l'être dans un deuxième temps. La plainte sera aussi dirigée contre l'industrie fourragère. Michael Witti a toutefois refusé de donner le nom des entreprises visées.

Le Ministère allemand de l'agriculture n'a fait aucun commentaire jeudi après avoir appris par la presse la préparation d'une plainte collective. L'association faîtière des paysans allemands étudie quant à elle l'intérêt de s'y associer, ou d'agir en son nom propre.