Mobilité

Vaincre le stress de la conduite sur neige

Paniquer à l’apparition du moindre flocon lorsqu’on est au volant? Ça paraît absurde, surtout en Suisse. Mais rassurez-vous, la chionophobie ça se soigne

Mardi 29 janvier, 7 heures du matin. Sur l’autoroute Lausanne-Vevey, on a l’impression d’assister aux prémices du Ragnarök, ce «Crépuscule des Puissances» de la mythologie nordique qui débute par Fimbulvet, le grand hiver de trois ans qui amène avec lui glaces, neige et vent. Sur la chaussée, non déneigée, c’est le chaos total. Et les conducteurs semblent s’être donné le mot pour puiser à qui mieux mieux dans le catalogue des comportements à ne surtout pas adopter.

Le pire? «Planter» sur les freins. A voir, le réflexe a pourtant l’air d’être une sorte de sport national. Comme si les automobilistes, paniqués à la vue de ce blanc manteau soyeux, découvraient pour la première fois l’effet des lois de la physique. Pas besoin d’avoir suivi des cours à l’EPFL pour avoir une petite idée de la façon dont vont réagir 1700 kilos de tôle et d’acier quand on leur applique un freinage brusque sur une surface avec un coefficient d’adhérence zéro…

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Bon sens élémentaire

Certains trouvent encore le moyen d’ignorer le plus élémentaire bon sens, en ne respectant pas les distances de sécurité pourtant encore plus essentielles dans ces conditions hivernales. Les plus dangereux? Sans doute ces conducteurs de grands SUV 4x4, roulant à 35 km/h sur la voie de dépassement, alors que la piste de droite est libre. Sans doute parce que, au vu de l’amoncellement de neige au centre de la chaussée, ils n’osent pas se rabattre.

Sur la neige, toutes les manœuvres, que ce soit avec le volant, l’accélérateur ou la pédale de frein, doivent s’effectuer en douceur

En psychologie, la peur de la neige porte un nom: chionophobie. Mais on tient ici à rassurer tous les naufragés que l’on a côtoyés en se rendant… à un cours de conduite sur neige et glace au Grand Saint-Bernard (ça ne s’invente pas): la crainte du flocon se soigne. Et même très bien. La preuve: ces conditions apocalyptiques qui les ont tant paniqués ne sont finalement que l’état naturel des routes dans toute la Scandinavie, chaque hiver. Et les fiers descendants des Vikings s’en tirent très bien, merci pour eux.

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Le traitement de la chionophobie est simple et tient en quatre points de base. D’abord, il faut un équipement adapté: avec quatre pneus à neige en bon état, une voiture est prête à affronter la plupart des conditions d’hiver, même si elle n’est pas équipée de la traction intégrale. Ensuite, il faut un conducteur détendu. L’ennemi numéro un sur la neige, c’est le stress et la brusquerie qui en découle. Sur une telle surface, toutes les manœuvres, que ce soit avec le volant, l’accélérateur ou la pédale de frein, doivent s’effectuer en douceur. Pensez, aussi, à faire preuve de bon sens. Sur neige ou glace, tout demande plus de temps, surtout ralentir. Donc respectez une distance de sécurité suffisante pour avoir le temps de réagir.

Voir loin

Enfin – et peut-être surtout – il faut «regarder juste». C’est-à-dire ne pas quitter des yeux l’endroit où l’on veut aller. Un excellent instructeur a eu un jour ce bon mot: «Si tu regardes la route, tu arriveras à la maison, si tu regardes le tas de neige, tu finiras dedans!» La règle est également valable sur le sec et le mouillé: regarder loin, là où l’on veut aller, permet de se tirer de la plupart des mauvaises situations. Que ce soit dans une courbe ou même sur un circuit, quand la voiture part en dérapage il suffit de regarder dans une direction libre de tout obstacle pour que, comme par magie, les mains trouvent la bonne façon de contre-braquer et permettent de récupérer une situation qui semblait désespérée.

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Bien sûr, écrit comme ça, tout semble théoriquement très simple. Dans la pratique par contre, il est parfois délicat de conserver ce bel esprit zen quand on est confronté pour la première fois à la velléité d’un coffre voulant obstinément passer devant le capot. C’est pourquoi le meilleur moyen de terrasser sa chionophobie, c’est de s’y confronter en s’inscrivant à l’un des nombreux cours dispensés dans notre pays durant l’hiver.

Cours de maîtrise

De décembre à mars, il est par exemple possible de suivre ce genre de formation, dispensée par des instructeurs chevronnés du TCS, sur la piste de Bourg-Saint-Pierre, juste avant le tunnel du Grand-Saint-Bernard. C’est là qu’on se rendait, justement, mardi dernier. Pour 400 francs, chacun peut y apprendre à maîtriser toutes sortes de situations complexes. Que ce soit du drift, en rond, sur une grande place, pour détecter et contrecarrer les effets d’un sur ou d’un sous-virage, pour apprendre à aborder une courbe alors que le véhicule commence à glisser, pour acquérir des techniques permettant de freiner plus efficacement ou, même, d’effectuer un véritable slalom, c’est l’endroit idéal.

Vous le faites au volant de votre propre voiture, couverte par une assurance spéciale pour l’occasion, dans des conditions sûres et encadré de façon professionnelle. C’est utile, pratique, amusant et ça permet d’éviter tellement de problèmes que ça devrait être obligatoire.


Plus d'informations: Cours sur neige et glace du TCS

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