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Le yoga se décline sous de multiples variantes. Salutation au soleil dès le réveil, mais aussi initiation à l’ayurveda, médecine traditionnelle indienne, et yoga du son (chant). 
© Eugenia Loli

Lâcher-prises (5/7)

En Valais, cinq jours de yoga pour se purifier

L’Hôtel Beau-Site, au-dessus de Martigny, accueillait mi-juillet un stage de yoga «détox». Une semaine où les participants enchaînent les postures en se nourrissant exclusivement de jus

Inspirer, expirer de tout son corps. Six fois, puis douze, en position du lotus. La tête me tourne, je me sens partir un peu. Le premier cours de yoga du stage «Yoga Detox and Live Juices» commence un lundi matin, à 8h30, par ces exercices de respiration issus de la pratique tibétaine.

«C’est puissant», m’avait prévenue Thomas Voisard, professeur de yoga à Villeneuve. Avec son collègue Nicolas Ballet, qui enseigne à Vevey, il anime pour la seconde fois ce stage d’été d’une semaine auquel Le Temps participe quelques jours. Vu l’étrange sentiment qui m’habite, entre somnolence méditative et trop-plein d’énergie, je ne peux que lui donner raison.

Ce premier matin nous sommes dix, installés en cercle, sur nos tapis de yoga. Après ces exercices de respiration, l’émotion est palpable: parmi les participants, des sourires un peu étourdis et des larmes discrètes. Les séances ont lieu dans une salle de l’hôtel-pension Beau-Site à Chemin-Dessus, près de Martigny

Le lieu se prête bien au yoga. Comme l’impression d’être au milieu d’une forêt: une baie vitrée donne sur des arbres dont on n’aperçoit pas le sommet. A l’extérieur, le long d’une poutre, flottent des drapeaux de prière tibétains. Devant la vitre, de l’encens brûle à côté d’une tampura, sorte de luth d’origine indienne.

Des jus pour seule nourriture

Ici, le yoga est un état d’esprit. Pour Nicolas Ballet et Thomas Voisard, pas de pratique «fitness», ils privilégient la quête de soi. L’enjeu du stage? Se défaire de tout ce qui pèse au quotidien. A la sortie du cours ce lundi matin, pas de petit-déjeuner. Sur une table du salon, du jus de concombre, céleri et pamplemousse. «Verts» ou «rouges», ils seront notre seule nourriture, trois fois par jours. A côté, une grosse boîte d’Intestinal Bulldozer, des gélules pour faciliter la digestion.

Quel lien avec le yoga? «L’alimentation fait partie de la science du yoga», répond Nicolas Ballet. «Tout bon yogi s’efforce d’avoir une nourriture équilibrée.» De fait, la méthode pratiquée pendant le stage aidera à accompagner le système digestif. A la recherche de la paix intérieure du yoga s’ajoute la «détox»: purification du corps et de l’esprit.

Un yoga multiforme

Durant la semaine, le yoga se décline sous de multiples variantes. Salutation au soleil dès le réveil, mais aussi initiation à l’ayurveda, médecine traditionnelle indienne, et yoga du son (chant). En parallèle, des randonnées dans une montagne luxuriante. Le ventre vide sous le soleil qui tape, je me sens un peu faible.

Au fil des cours, autour des jus, nous apprenons à nous connaître. Certains sont venus pour le yoga, et ont accepté le jeûne qui va avec. D’autres voulaient tester la cure de jus, pour se purifier, maigrir ou se retrouver.

Un air de colonies de vacances

Le soir, le salon est vite déserté, fatigue oblige. Mais dans les chambres, les discussions se prolongent. Je connais Jeannette et Myriam, mes «colocataires», depuis deux jours seulement, mais se confier semble facile. Je ne sais pas si c’est le yoga, le jeûne ou la chambre commune, mais il flotte dans l’hôtel un air de colonie de vacances.

Les journées s’enchaînent. Une session de yoga le matin, une l’après-midi. A chaque fois, le corps se fait plus léger, l’esprit plus serein. La faim n’est plus entêtante. J’ai l’impression de penser le corps et l’alimentation autrement, avec un soin nouveau.

Un après-midi, Nicolas nous propose un exercice de purification. Allongés sur le sol, nous levons les bras vers nos têtes. «Imaginez une lumière qui entre par vos pieds et vous traverse». Puis, mouvement inverse, nous baissons les bras vers le sol. «Visualisez une fumée noire qui emporte vos pensées négatives.» A ce moment-là, étendue sur mon tapis, je me suis laissée emporter. La lumière et la fumée, j’ai eu envie d’y croire, et je les ai senties.


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