Avec la fin de l'hiver Lyon a fini de ronronner, gros chat blotti entre ses deux collines. Soleil aidant la ville a déplié ses terrasses, raccourci ses jupes, sorti ses lunettes noires. Cité industrieuse du Nord à la froide saison, Lyon, ville carrefour, bascule au Sud dès qu'approche l'été. Elle se souvient qu'elle fut Lugdunum, romaine. Parfois mutine elle se redécouvre latine. Le cœur de la vieille ville – colline de Fourvière, les quais de Saone et les pentes de la Croix Rousse – est désormais protégé, inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. C'est donc de là qu'il faut commencer la balade. Au pied même de la basilique de la Fourvière, un restaurant offre une des plus belles terrasses panoramiques de la ville. D'ici, en prenant des forces, on découvre au mieux le site à parcourir. La vue porte jusqu'aux Alpes. Au Sud le Rhône entame sa plongée vers la mer. Au pied de la colline c'est l'entrelacs des ruelles renaissance du vieux quartier Saint Jean. La Villa Florentine, à mi-pente, déploie ses terrasses et permet, dans le luxe, de dormir avec la ville au pied de son lit. Mais sans s'enfoncer plus avant dans la découverte de ces ruelles où l'on s'attend à voir du linge sécher aux fenêtres, à entendre du bel canto jaillir des frais appartements ombragés, il faut reprendre un peu de hauteur. Une promenade piétonnière justement porte ce nom: Parc des hauteurs. Juste derrière la basilique de Fourvière, traversant les jardins de l'évêché, c'est un peu de campagne qui se faufile en ville. Ouvert au public depuis quelques années, l'endroit est encore assez peu connu. Il est cependant le point de vue idéal pour apprécier les boucles de la Saone, et l'autre colline, celle de la Croix Rousse. Bigarrée, cosmopolite, toute en venelles et «traboules» – ces passages entre les arrière-cours d'immeuble qui permettent de relier des ruelles – la Croix Rousse cultive son autonomie libertaire comme ses petits jardins secrets qu'il faut dénicher au bout d'un passage discret. On peut y musarder de placette en placette et se laisser glisser doucement au pied de la pente pour se retrouver sur la plus italienne des places lyonnaises, celle des Terreaux, face à la mairie. C'est le lieu idéal, sur l'une des multiples terrasses de bar, pour peaufiner son bronzage dans le murmure de l'eau des jets qui jaillissent du sol. S'il fait trop chaud, en face, à 50 mètres, le jardin du palais Saint-Pierre offre sa fraîcheur et ses bancs discrets aux amoureux. Ils sont nombreux semble-t-il à Lyon puisqu'un hebdomadaire local – Lyon Capitale – vient de consacrer un long dossier à «Lyon Capitale du sexe» tandis que Le Nouvel Observateur révèle que cette ville, réputée prude et austère, est un des hauts lieux français du libertinage. Une vingtaine d'établissements y sont réservés aux «non conformistes». Mais on peut préférer l'amour plus romantique et s'imaginer comme dans la Dolce Vita une jolie Lyonnaise plongée dans la fontaine des Terreaux et criant «Marcello Marcello» dans la ville éblouie.