On peut se livrer à l’exercice, plutôt goûteux, à tout moment. Au moyen d’un dictionnaire pour nos téléphones décrétés intelligents; certains d’entre eux offrent une fonction de découverte aléatoire des mots. Un régal, pour les trajets en train ou en bus. Le vecteur électronique, notre thème de la semaine, devient corbeille linguistique, une belle mare où l’on peut happer les perles de la langue. Nous nous livrons à ce petit jeu aujourd’hui et vendredi.

Pour ce jour, à propos de pêche, levons la vermée, proposée par le Robert. De l’ancien français «verm», le vers, la vermée désigne un «appât fait de vers enfilés à une ficelle». Les spécialistes indiquent que cette technique est surtout utilisée pour soustraire les anguilles. Sur Dailymotion, la page du Parc interrégional du marais poitevin montre plusieurs vidéos exposant les secrets de la pêche à la vermée, en narrant: «Jusqu’à la tombée de la nuit au cœur des marais de Bessines en Deux-Sèvres, laissez-vous envahir par les lieux. Expérimentez la technique de pêche traditionnelle à la vermée (pelote de vers de terre), aujourd’hui fortement réglementée car l’anguille est une espèce en danger.»

Dans une même petite session de récolte de vocables, le logiciel a proposé, entre autres, ce délice aux consonances acides et sucrées, «zincifère» (qui contient du zinc), et son synonyme, zincique. Ou, plus charpenté et méticuleux, le variocoupleur, un appareillage du domaine de l’électricité. Ou encore, le faucre; le support qu’utilisaient les combattants en armure pour placer leur lance – encoche située sur le côté droit de la protection métallique, est-il précisé.

Surprises des découvertes aléatoires, quand la pêche aux mots fait voyager dans les étangs ou dans le temps. Encore une pour la journée: la filipendule, une plante herbacée des prés humides.