Asie

«Ma vie n’est pas ton porno»: le slogan des Coréennes excédées

Le milieu de la K-pop est secoué ces dernières semaines par des agressions sexuelles en cascade. Au pays des «molkas», ces mini-caméras dissimulées dans des toilettes publiques pour filmer les femmes à leur insu, les Coréennes exigent le respect

Burning Sun était l’un des clubs les plus en vue de Séoul. Situé au cœur du quartier huppé de Gangnam, il accueillait des DJ réputés et tout le gratin de la K-pop – ensemble de genres musicaux sud-coréens qui s’exportent comme des petits pains. Mais fin janvier, ce haut lieu de la nuit s’est fait prendre dans un scandale sans précédent. Tout a commencé lorsqu’un client âgé de 28 ans a relaté comment il s’était fait tabasser par le gérant du club, puis par la police, après avoir tenté d’aider une jeune femme en train de se faire agresser sexuellement à l’intérieur. Son récit a fait émerger des dizaines de témoignages de femmes, qui ont raconté avoir été droguées, puis violées dans les salles VIP de l’établissement.

Ceux qui connaissent l’industrie de la K-pop de l’intérieur savent que l’exploitation sexuelle y est très répandue.

Patty Ahn, experte de la K-pop à l’Université de Californie

Ceux qui connaissent l’industrie de la K-pop de l’intérieur savent que l’exploitation sexuelle y est très répandue.

Patty Ahn, experte de la K-pop à l’Université de Californie

Une vidéo en montre une, inconsciente, qui se fait traîner à bout de bras vers une arrière-chambre sous le regard impassible des videurs. L’un des investisseurs du club, la star coréenne Seungri, aurait participé à ces faits, en procurant des jeunes femmes à ses partenaires d’affaires. Il est désormais sous enquête pour prostitution.