Quel point commun y a-t-il entre... le dalaï-lama, George Clooney, Poutine, Angelina Jolie, Barack Obama, la rédactrice en chef de Vogue Carine Roitfeld, Agassi, le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier et le père des jeux Nintendo?

Tous figurent dans la liste des «100 personnalités les plus influentes de planète» publiée par le magazine Time.

En soi, ce genre de classement ne vaut plus tripette, même dans une chronique superficielle, écervelée et traitant de pop culture comme celle que vous avez le courage de lire. L'après-midi où Time publiait son classement, en effet, deux autres hit-parades étaient délivrés - l'un pour dire que Gisele Bündchen est le top-modèle le mieux payé; l'autre pour décréter que l'acteur de plus sexy de la télé est Patrick Dempsey de la série Grey's anatomy. C'est dire si ces classements à plumes et de tout poil ont perdu leur pertinence.

Sauf que la liste de Time, comme celle de plus en plus d'autres gazettes, présente une caractéristique étonnante. Elle favorise les people qui s'engagent pour... un monde meilleur.

Comme Clooney, retenu par Time pour son travail visant à tirer le Darfour de l'oubli. Comme Angelina et Brad, sillonnant la terre, entre deux tapis rouges, pour de multiples causes. Comme Agassi, distingué par Time non pour sa raquette,mais parce qu'il a fondé une association humanitaire. Comme Lance Amstrong, sauvé du déshonneur par son combat en faveur de la recherche sur le cancer. Comme le coureur amputé Oscar Pistorius, classé premier sportif dans une liste dont Federer est absent parce que son obstination milite pour l'intégration des handicapés. Tout cela la semaine où le magazine Vanity Fair, bible du people haut de gamme, consacrait pour la troisième fois sa une au... réchauffement.

Bien sûr qu'il y a, dans le fait de starifier des vedettes «engagées», une grosse part de marketing bien pensant. N'empêche, voir les magazines people réhabiliter une certaine image de l'artiste engagé est réconfortant quand on sait l'influence qu'ils ont. Et à l'heure où tant de politiciens et d'intellectuels empruntent au show-biz son allure, ses discours, son égoïsme et ses valeurs plaquées or.