Elles n'ont qu'une vingtaine d'années. Mais leur vie inspire des millions d'adolescents. Ces Britney, Avril ou Alizée, qui sont-elles?

Ce qu'elle préfère, Beyoncé, c'est le chocolat recouvert de fraises. Et le poulet frit. Goûts régressifs pas encore affranchis de l'enfance (Beyoncé n'a que 21 ans). Mais appétit de bouffeuse. Sans compter qu'elle porte souvent des petites robes rouges sur sa peau cacao, Beyoncé. Et que côté reine de la basse-cour MTV frite dans un luxe de poule, elle assure pire grave, Beyoncé.

Trente-trois millions de disques vendus sous la bannière du groupe Destiny's Child – un record absolu pour un groupe de filles. Un disque solo récent dont on vous épargnera les performances. Une apparition dans «Austin Power». Un premier vrai rôle dans un film à sortir cet automne, «The fighting Temptations». Et des articles dans tous les grands magazines de la rentrée… Ce n'est plus une pop-star, c'est la Venus Williams du Village people. D'ailleurs, Beyoncé ne vient-elle pas de faire trébucher sa rivale Britney Spears, obligée, comme Martina Hingins, de se composer un personnage perclus de questions existentielles?

Micro et goupillon. Beyoncé Knowles naît à Houston, en 1981. Comme ses rivales planétaires, elle décide de faire carrière au saut du berceau. A 9 ans, elle fonde un premier groupe de filles. Papa, qui a un peu d'argent, prend l'affaire en main (de fer, la main). Maman qui est coiffeuse, se charge de l'image (régimes, fringues sexy mais jamais «bitch»). La lioncelle fonde plusieurs groupes mais figure toujours au milieu sur la photo. Le succès vient en 1998. Beyoncé et ses acolytes d'alors se rebaptisent «Destiny's Child». D'ailleurs, Beyoncé croit, comme l'Amérique de Bush, que Dieu guide ses talons aiguilles. Ça rassure les parents de ses fans, mais ne l'empêche pas de virer peu charitablement certaines de ses chanteuses. Bref, les Filles du destin incarnent la bonne fortune du rythm and blues.

Pour son disque en solo, l'interprète-compositrice-productrice s'est adjoint des artistes plus complexes. Comme Jay-Z avec lequel elle aurait une liaison. «Je suis une star connue. Maintenant, je veux être une artiste reconnue», s'inquiète-t-elle. Car tout le problème est là: comment vieillir bien quand son public rajeunit? Et comment rester rebelle tout en devenant respectable? Pour l'heure, Beyoncé y répond en se changeant dix fois par clip, en incarnant toutes sortes de rôles, en ratissant au plus large. Mûrir sans ramollir. Cette question, il n'y a pas que Beyoncé et ses rivales qui se la posent, je parie.