Aujourd'hui, cette chronique s'adresse uniquement aux dix millions de téléspectateurs italiens qui regardent, chaque soir de leur berlusconienne semaine, l'émission Striscia la notizia, sur Canale 5. J'aimerais qu'ils sachent, ces amateurs de mozzarella blanche comme des seins frais, que toutes les journalistes suisses ne ressemblent pas à celle qui les fait rire, entre deux bouchées de polenta. Non, les journalistes suisses ne portent pas une énorme poitrine déprimée comme un ballon sans air chaud, elles n'ont rien à voir avec cette Mademoiselle Losanna, enquêtrice-reporter pour un imaginaire journal tessinois qui fait son numéro comique de «Svizzerota» (petite Suissesse) en prime time.

Toute vérité est bonne à dire. Voilà, c'est fait.

La people qui endosse, chaque soir, le rôle ingrat de cette Losanna et qui truste l'audimat, est une des Suissesses les plus connues de la planète, c'est Michelle Hunziker. La Michelle.

Ex-femme du chanteur Eros Ramazzotti, Michelle Hunziker a des origines bernoises. Fille d'un artiste peintre, un peu batave, mère d'une petite Aurora, Michelle s'est exilée en Italie où elle a fait de fracassants débuts en tant que Miss Fesse, à l'âge de 17 ans, la valeur n'ayant, dans ce genre de profession, pas du tout envie d'attendre le nombre des années. Ensuite, Michelle a tourné trois films à oublier, elle a animé maint show télévisé en allemand, en schwyzerdütsch, en italien ainsi qu'en décolleté.

Ce dernier détail fait oublier l'essentiel: à l'écran, Michelle Hunziker est souvent drôle, toujours cool, assez intelligente pour décapiter d'une réplique ses partenaires de show ultra-machos. Son arme: la Selbst-Ironie. Une qualité qui lui permet de surnager dans pas mal de marigots télévisuels. Un talent bien trop rare en Suisse. Un atout qui fait d'elle une ambassadrice louable.

Toute vérité est bonne à dire. Chapeau, la Swiss-bimbo, clap, clap, clap.