Le meilleur ragot de la presse people de ces derniers jours? L'acteur Jude Law trompant Sienna Miller avec leur nounou?

Bon, bof, tsss, il y a eu nettement mieux. Comme Bernadette Chirac laissant entendre dans Paris-Match que son Chi-chi de mari était un coureur («Les hommes politiques sont exposés à la tentation, certaines femmes sont comme des papillons, attirées par la lumière.») Ou Jack Lang confirmant à Voici qu'il était candidat à l'Elysée.

Bernie Chirac en une de Paris-Match. Jack Lang choisissant un magazine people trash et drôle pour son outing présidentiel plutôt qu'un journal politique bétonné de sérieux. La tendance s'est emballée. Y compris en Suisse. «Le people s'est étendu au champ politique», déclarait l'éditeur Michel Lafon au Figaro. O mon frère, ô ma sœur, toi qui es lecteurtrice du Temps, adieu la politique spectacle. Bonjour la politique-people.

[[[L'homme qui a le plus joué à mettre en scène sa vie privée, c'est le petit Sarko. Son passage en famille, chez Drucker, a battu tous les records d'audimat (mieux que Johnny)]]]]. Son larguage en direct («Cécilia, reviens!») a fait vendre plus de papier glacé que les aventures de Paris Hilton derrière les bottes de foin. Ces deux derniers mois, la presse people a autant mis à sa Une Villepin, Sarko ou Chi-chi qu'Albert de Monaco et son pseudo-fils, le tout dans des mises en scène réglées comme des campagnes de pub. «C'est la preuve que cette classe

politique n'a rien à proposer», déplorait, l'autre matin, un de mes collègues de la politique. Certes, il a raison, mon collègue. Un peu. Un tout petit peu.

Pendant des années, les journaux ont parlé de politique comme si la chose publique n'était qu'affaire de logique ou de programme et en oubliant, que dis-je, en niant que c'est aussi une histoire d'instinct, d'atomes crochus et de sentiments. Portée par une presse féminine, cette mode actuelle pour la politique-people marque, aussi, la reconnaissance de l'importance des sentiments dans le jeu de la politique. D'ailleurs la semaine prochaine, je ne vous parlerai pas d'Angelina et de Brad. Mais de Micheline et de Pascal. Quoique…