Depuis son Oscar pour sa performance dans «Monster», Mademoiselle Theron

est LA figure people 2004.

Du fond de teint Diorskin. Et de la poudre Terra Bella Bonne Mine, de Dior aussi. Voilà. Rien qu'un peu de maquillage. Voilà ce qui, au soir des Oscars, a propulsé Charlize Theron reine incontestée du Village people 2004. C'est que, pour devenir un people planétaire, une star doit avoir une vie aussi intéressante que son talent. Et que cela doit se voir au premier coup d'œil.

Une vie palpitante – et sans doute légèrement recorrigée, comme son nez –, ce n'est pas ce qui manque à Charlize Theron. L'irrésistible nymphomane qui expliquait qu'elle n'était qu'une vaste zone «orgasmique» dans «Celebrity» de Woody Allen, est née près de Johannesburg. Enfance dans une ferme. Amitié indéfectible pour une chèvre. En juin 1991, maman tue papa qui est rentré ivre (comme d'habitude), mais qui, ce soir-là, joue du pistolet (plus que d'habitude). Maman est acquittée. Charlize a 16 ans, elle rêve de devenir ballerine et part vivre seule en Europe. A 19 ans, mazette, elle est engagée au Joffrey Ballet. Soudain, un accident au genou. Carrière amputée. Que faire?

Direction Hollywood. Fauchée, Charlize croupit dans un motel, vole du pain dans les restaurants. On lui trouve du talent, certes, mais elle est toujours trop grande. Ou trop belle. Un jour, dans une banque qui lui refuse son dernier chèque, Charlize pète un peu les plombs. Un homme s'approche pour la consoler. C'est John Crosby, un des grands agents de Hollywood…

Pour le film «Monster» qui lui a valu son Oscar, pour faire oublier la luxuriante barbie qu'elle est, Charlize a pris 15 kilos, porté un dentier, subi deux heures de maquillage par jour (peau grêlée et tachée), histoire d'incarner l'histoire véridique de Aileen Wuornos, la première tueuse en série américaine, une femme elle aussi née dans un bled, elle aussi pétrie de talents et drames, mais qui n'a pas su traverser son océan de déboires personnels. «Moi, j'ai eu de la chance, je suis une survivante, ma mère m'a appris à surnager», répète Charlize.

Voilà ce qui disait aussi la mine incroyable de Miss Theron, le soir des Oscars. Un fond de teint éblouissant pour mettre à distance son enlaidissement dans «Monster». La poisse vaincue. Comme un masque de lumière, aussi, appliqué sur la partie ombreuse de sa vie. Et puis, les histoires de couleur de peau ne sont jamais vraiment innocentes, n'est-ce pas, quand on est née en Afrique du Sud.