Nous sommes en 493 après Jicé, près de Genève. Une certaine Clotilde s'apprête à épouser une grande tête couronnée. Toute ressemblance…

Clotilde. Sans «h». Mais avec une couronne sur la tête. La nouvelle est tombée jeudi: Clotilde Courau va épouser le prince Emmanuel-Philibert de Savoie. Silence radio sur la supposée grossesse de la comédienne qui fut la partenaire scénique de John Malkovich, chanta «Irma la douce» chez Savary, et doit sa notoriété à des films comme «Elisa» ou «Embrassez qui vous voudrez».

Clotilde portera-t-elle le titre de princesse? Je laisse à un autre Stéphane le soin de répondre à cette question superficielle. Non, moi, vous savez, ce qui m'intéresse, c'est la psychologie des profondeurs. Lacan, Jung, Elisabeth-Germaine Teissier, Psycho-Pouf, quoi.

Ainsi, parce que Clotilde Courau pointe sur le monde un menton critique et lance des regards comme d'autres des poignards, parce qu'on l'a étiquetée «anarcho-communistes», certains trouvent-ils son mariage bizarre. Stupide! Le destin de Clotilde est inscrit sur la page de garde de son roman familial. En voici des preuves.

Comme dans les lignées où le legs du nom est primordial, papa et maman Courau ont veillé à ce que le prénom de leurs quatre filles commence par la même lettre (Clotilde, Christine, Camille et Capucine). Comme souvent dans les couloirs de l'histoire, la maison Courau a connu ses révolutions (divorce, huissiers). Et puis, la future mariée ne porte-t-elle pas un nom de princesse? Au VIe siècle, Clotilde (sans «h»), la fille du roi des Burgondes genevois, ne réussit-elle pas à convaincre Clovis de délaisser l'ikebana et sa collection de vases made in Soissons pour se convertir au christianisme? Et notre ami Google ne révèle-t-il pas qu'il y eut une princesse Clotilde de Savoie, fille du roi Victor-Emmanuel? Et Clotilde Courau elle-même ne compte-t-elle pas une comtesse parmi ses aïeules?

Psychologie à la noix. Théories de poivrot du village people global, me direz-vous. Mais oui, justement. Car à quoi servent les people, surtout quand ils ont le talent et le menton aigus de Melle Courau, sinon à broder des réalités quand leur vie, soudain, ressemble à une fiction?