Un jour viendra, et la Terre sera surpeuplée. En attendant, il existe plein de moyens d'éprouver, physiquement, la vitesse à laquelle croît la population mondiale. Lire les études démographiques (bof). Survoler Mexico de nuit, et être bouleversé, comme un enfant devant le sapin de Noël, par le temps que prend la traversée de cet océan palpitant de lumières.

Plus facile: regarder des vidéoclips à la TV. Damned. Machopïét (c'est du patois, sorry). Mais d'où sortent-elles ces dizaines de chanteuses, toutes sublimes, métisses, accessoirisées d'une belle voix, d'un talent certain et d'un body à dégeler Oetzi? Si l'on exclut le clonage, si l'on imagine la chance qu'il leur a fallu pour arriver jusqu'à MTV, la probabilité qu'il y a à naître grande, mince, agile, bonne chanteuse et bonne comédienne, qui plus est à proximité d'un producteur et d'un prof de danse pas trop bousilleurs de carrière, alors oui, la Terre est vraiment surpeuplée.

Ces jours-ci, la tête de file de cette vague démographique s'appelle Rihanna. Lecteur du Temps qui n'écoute que Marin Marais (voir p. 19), lectrice qui ne goûte rien que Delerm, tu connais pourtant Rihanna.

Primo parce que Rihanna a vendu en Suisse 15000 singles de son tube «Unfaithfull», ce qui en fait un record à l'époque du téléchargement sur Internet. Deuxio parce que sa voix, qui passe en boucle sur les radios, est un mélange rusé de Britney Spears, Mariah Carey et Beyoncé. Ce qui fait trois fois plus de chances de la connaître au moins un peu.

Robin Rihanna Fenty s'est produite jeudi à Zurich, avec les Pussycat Dolls - un autre groupe de filles, damned, machopïét. Née à la Barbade en 1988, elle doit sa carrière au tourisme de luxe. En vacances là-bas, le producteur Jay-Z la repère, l'emmène à New York, lui fait enregistrer des albums pas assez commerciaux avant d'orienter sa face de bébé et son corps de panthère vers la pop teintée de R & B. Son actuel cédé s'appelle «A girl like me». Certes. Mais what about a boy like me?