C'est un conseil que je donnerais à Paul Wolfowitz si j'étais son publiciste ou son ami.

Wolfowitz, c'est le patron de la Banque mondiale, celui qui a augmenté, d'un coup et de 60000 dollars, le salaire de sa collaboratrice et petite amie Shaha Riza (quel nom magnifique, quel nom polysensoriel, quel nom propice à tout, mais passons). Depuis qu'il s'est fait pincer, Wolfo s'excuse, il regrette, il se repent, il rentre la tête.

Paulo, mon petit Paulo, si tu me lis depuis ton lit de larmes, ouvre tes oreilles que tu as aussi spacieuses que George Bush, écoute ce que te suggère ton ami Bonve de la Bonvinette. Paulo mio, c'est simple: fais comme n'importe quel people qui a commis une bêtise: offre-toi une réhab'.

La «réhab'», c'est l'anglicisme par lequel on désigne désormais ce qu'on appelait «cure de désintoxication» - «détox'» pour les intimes. Maradona, Britney, Lindsay Lohan, Robbie Williams, Pete Doherty, Mike Tyson: plus un jour sans qu'une personnalité n'annonce son entrée en réhab'. Généralement, une réhab' comporte des cours de yoga, de la peinture, des séances avec un psy et l'aide assidue d'une nutritionniste allemande à moustaches.

Hier, on cachait sa dépression ou ses addictions. Aujourd'hui on les exhibe, sur l'air de «je m'en suis sorti». Comme s'il suffisait de quinze jours à plusieurs milliers de dollars la journée pour se tirer de la drogue et tuer ses fantômes. Le Times cite même Mel Gibson qui, après ses accès d'antisémitisme, s'est empressé de proclamer partout qu'il entrait en réhab' pour cause d'alcoolisme. Ou le maire de San Francisco, pincé pour avoir cocufié son directeur de campagne et qui s'est payé à la fois une réhab' et une nouvelle réputation. Après l'ère de la repentance, des aveux transparents, bienvenue dans les années de la réhabilitation.

Bizarre que ni Kozy ni Golène n'y aient pensé.