Cette fois, comment Zidane s'en sortira-t-il? Je ne parle pas, ici, du traitement que lui réservent deux petits livres dont vous trouverez la chronique en page 45, et qui brodent, sur la figure du footeux taiseux, leurs interprétations gazouilleuses. Non, je parle ici de l'affaire Zizou & Nâdiya.

Récapitulons. Il y a deux semaines, l'animateur Marc-Olivier Fogiel reçoit la chanteuse Nâdiya et le comédien Richard Bohringer. Au fil du papotage, Bohringer évoque le fameux coup de boule de Zidane, comme ça, on dirait que c'est par hasard, n'est-ce pas. Fogiel saisit l'occasion (fortuite?), se tourne vers Nâdiya pour lui demander, si, à propos, c'est vrai ce qu'on lit sur le Net, ce truc, là, que vous avez eu une liaison avec Zidane? Et Nâdiya de dire qu'elle n'a rencontré Zidane qu'une fois et qu'elle déplore que, chaque fois qu'une femme sort du lot, on tente de la salir.

Que Zidane ait eu une affaire avec Nâdiya, et alors? Que le magazine Voici ait déniché une photo superdrôle et vaguement coïncideuse, et alors? Que Zizou soit d'origine algérienne comme Nâdiya, que cette dernière soit elle aussi une sportive de haut niveau, et alors? Que le modèle d'intégration vanté par Chirac ait trahi son épouse Véronique, celle à qui il doit la construction de sa fortune, so what?

Non, la chose intéressante, dans cette affaire de pognon (parce que c'est de l'image hypercontrôlée d'un type paralysé par les contrats publicitaires qu'il s'agit ici), c'est de voir comment elle va évoluer. Quand Zidane avait commis son coup de boule, une foule de publicitaires avait transformé son égarement méprisable en acte héroïque. On se souvient de la marque Scrabble qui avait modifié ses slogans publicitaires, du jour au lendemain (le malheureux «Maintenant, il va falloir ne jouer qu'avec la tête», sic, était devenu «Il n'y en aura toujours qu'un seul»). Le journal L'Equipe qui avait critiqué le geste de Zidane avait fait son mea culpa, et reçu une publicité de Danone montrant Zizou agenouillé devant un enfant. Le joueur, habilement relooké, avait donné une interview millimétrée, etc. Et Chirac, recevant les Bleus sans une allusion au coup de boule. A l'époque, la France entière du fric et de la récup avait serré les rangs, comme un rang d'hommes au moment du coup franc. Il faudra plus, sans doute, que le soupçon d'une aventurette, pour déboulonner ce roi de la France en cuissettes. A moins que cette affaire n'augmente encore le capital de son prestige, Gaule et gauloiserie oblige...