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Le sexe dans des lieux inédits? «Oui et la liste est longue! Animalerie, bureau, salle de sport, jardin public, cinéma, piscine publique. Debout à trois mètres du père de ma copine, alors qu’il regardait la télé dans son fauteuil.»
© Kim Roselier Pour Le Temps

Sexualité

Vincent, 43 ans, l’homme aux 250 femmes

De jolies boucles, des yeux rieurs, ce scientifique aime les femmes. Beaucoup. Mais refuse l’étiquette de consommateur. L’art des mille et une conquêtes, selon cet amoureux créatif

L’an dernier, cinq femmes de 17 à 67 ans nous confiaient ce qui les excitait et les éteignait sexuellement. Du 20 au 24 août, «Le Temps» s’est cette fois intéressé à cinq hommes hétérosexuels sur le même sujet. Ils ont entre 20 et 80 ans, habitent en Suisse et racontent leur intimité, – le feu, la foudre, le flop –, sans se dérober.

Premier épisode: Jonathan, 20 ans, le sexe joyeux et décomplexé

Deuxième épisode: Cédric, 27 ans, la jouissance à force de persévérance

A 43 ans, Vincent a couché avec 250 femmes. Le nombre impressionne, mais, assure-t-il, donne une fausse idée de sa personne. Car ce scientifique aux jolies boucles et aux yeux rieurs ne cherche pas à établir un record. Il adore simplement «vivre en une nuit le condensé amoureux d’une vie». C’est-à-dire? «Je donne tout pour que le moment soit unique, flamboyant. Avec ma partenaire éphémère, on traverse en douze heures les états sentimentaux et érotiques d’une existence. J’adore. Enfin, j’adorais, puisque depuis quatre ans, je suis marié et fidèle.» Et, sexuellement, l’homme est-il aussi flamboyant? «J’aime jouer des rôles, plus sados que masos, et j’apprécie varier le lieu des ébats.» Dépucelé à 15 ans par la copine de son frère plus âgé, Vincent affectionne le sexe sans frontières.

Couple ouvert et tableau noir

Cette décontraction est-elle un trait de famille? «Oui. Mes parents, qui se sont séparés quand j’avais 2 ans, ont une vision totalement déculpabilisée de la sexualité. Et documentée. Ma mère, masseuse érotique, m’a donné avant 8 ans un cours complet d’éducation sexuelle. Règles, contraception, reproduction, j’étais incollable.» Son père, peintre en bâtiment et professeur d’arts martiaux, a pratiqué une approche, disons, plus potache: «A 12 ans, je me souviens d’une soirée où un ami de mon père a raconté devant plein de convives comment une fille avait eu un accès de diarrhée pendant qu’il la sodomisait. C’était énorme, on était tous pliés de rire.» Pas de tabou, donc.

«Pendant l’amour, j’aime aussi jouer des rôles, de médecin ou de masseur. Une fois, je suis allé dans un club échangiste à Paris avec ma compagne et j’ai adoré faire l’amour devant plein d’hommes»

«Par contre, mes parents ne m’ont jamais parlé de ma propre sexualité. La première fois que je me suis masturbé, à 11 ans, ou que j’ai regardé un film porno, à 12 ans, je l’ai fait seul et je n’en ai parlé à personne.»

Le scientifique installé à Genève est d’un naturel joyeux, curieux. On revient à sa fringale féminine. Pourquoi, comment, ces comptes des mille et une femmes? «Au début, j’étais fidèle, mais quand, à 19 ans, j’ai rencontré Coline, le grand amour de ma jeunesse avec qui je suis resté treize ans, on a décidé d’être un couple ouvert pour préserver notre libre désir. On a inscrit nos deux noms sur un tableau noir et on a tenté d’avoir le même nombre de points.» Des points? «Oui, un bisou valait deux points, une galoche, cinq, faire l’amour, dix points, etc.» Parce qu’il sortait beaucoup, Vincent a très vite explosé son quota alors que celui de Coline, qui n’a jamais couché, n’a pas décollé. Mais la compagne, scientifique elle aussi, a continué à jouer le jeu, car le couple vivait parfois éloigné pour des raisons professionnelles et Coline se sentait protégée par la règle qui consistait à «ne jamais revoir la conquête d’un soir».

Une nuit, c’est tout

A ce propos, si, comme le dit Vincent, chaque rencontre était flamboyante, comment résister au désir de revoir la Schéhérazade d’une nuit? «La règle l’imposait, je résistais. Et pour la femme en question, je l’informais avant nos ébats et je ne répondais pas quand elle rappelait, les jours d’après. Et puis, parfois, la rencontre n’était pas aussi géniale que ça…»

Et la jalousie? N’a-t-elle jamais gâché la partie? «Non, ou en tout cas pas de mon côté. D’ailleurs, je me suis juré de ne plus être jaloux depuis que j’ai fait une crise à 17 ans. Avec ma petite copine de l’époque, une fille sublime, nous passions l’été dans la maison d’un couple de nudistes, beatniks, en Lozère. Un matin, j’ai vu notre hôte avoir une demi-érection en prenant sa douche avec mon amie et j’ai vécu une journée tellement horrible à me morfondre dans la garrigue que, le soir, j’ai décidé que la jalousie était un sentiment petit, égocentrique et qu’elle ne ferait plus jamais partie de ma vie.»

Œuf intime actionné à distance

Comme on peut s’en douter, la sexualité de Vincent est créative. En matière de jouet, le quadragénaire, qui est désormais père, apprécie l’œuf électrique placé dans l’intimité de madame avec télécommande actionnable à distance en toutes circonstances, surtout mondaine. «Pendant l’amour, j’aime aussi jouer des rôles, de médecin ou de masseur, style «vous avez besoin de soins»… Je peux également simuler un viol sur ma partenaire, avec son consentement bien sûr. Une fois, je suis allé dans un club échangiste à Paris avec ma compagne et j’ai adoré faire l’amour devant plein d’hommes.»

Le sexe dans une animalerie

Sinon, question positions, Vincent a besoin de voir le visage de sa compagne; du coup, il n’aime pas trop la levrette. A-t-il connu des relations homosexuelles? «Non, je peux trouver des mecs beaux, mais pas sexys.» L’amour à trois? «Oui, une fois, avec mon frère et une fille, au cours d’une féria.» Le sexe dans des lieux inédits? «Oui et la liste est longue! Animalerie, bureau, salle de sport, jardin public, cinéma, piscine publique. Train de nuit dans un compartiment avec trois inconnus qui dormaient peut-être. Debout à trois mètres du père de ma copine, alors qu’il regardait la télé dans son fauteuil. Dans le recoin d’un bar bondé à Amsterdam, dans le restaurant dans le noir à Paris. J’aime découvrir!»

Lire aussi: Cinq femmes racontent sans tabou leur quête du plaisir

Vincent comprend les revendications réunies sous le hashtag #MeToo. «Je pense que l’on sous-estime l’effet de répétition. Un lourdaud, ça va, mais quand beaucoup de lourdauds accostent la même fille les uns après les autres, la drague devient du harcèlement et ça, les hommes ont de la peine à le comprendre.» Enfin, celui qui aime beaucoup les femmes a un avis sur l’évolution des mœurs: «Les jeunes filles d’aujourd’hui séparent beaucoup plus sexe et sentiments, elles sont moins mélos. C’est reposant, mais on perd un peu la poésie de la rencontre.»

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