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Wikimedia CH se penche sur la rareté des femmes

Un symposium discute le «gender gap»

Quatre-vingt-sept wikipédiens, 13 wikipédiennes. Telle est, en gros, la répartition des sexes sur 100 personnes qui contribuent à l’encyclopédie participative en ligne Wikipédia. Soit une femme tous les sept hommes, selon les chiffres fournis par la Wikimedia Foundation elle-même. Un défaut de représentativité que le site encyclopédique traîne depuis sa naissance. «Lorsque Wikipédia a été lancée, en 2001, les métiers liés à la technologie étaient exercés principalement par des hommes – conformément à l’image essentiellement masculine qu’on a de la figure du geek. Aujourd’hui, on constate qu’il y a de plus en plus de femmes dans ces secteurs, mais le ratio de contributrices sur Wikipédia n’a pas évolué en proportion», relève Gabrielle Marie, «community liaison» romande de l’association Wikimedia CH, qui se voue au développement de contenus helvétiques sur le site. Le gender gap wikipédien est l’un des sujets débattus ce vendredi au symposium Post Digital Cultures, organisé à Lausanne par l’Office fédéral de la culture et par le festival Les Urbaines.

L’inégalité dans la participation se traduit en un biais des contenus, selon Gabrielle Marie. Il existe en effet des domaines et des approches qui, par l’effet des habitudes culturelles rattachées aux identités sexuelles, se retrouvent privilégiés ou défavorisés par ce clivage. «On observe ainsi, par exemple, que les articles de Wikipédia sont plus fournis sur les aspects politiques que sur les dimensions sociologiques de tel ou tel phénomène.»

Contributions supprimées

Cercle vicieux bien connu: moins les femmes sont nombreuses dans un environnement, plus celui-ci tend à être activement excluant à leur égard. Une tendance au rejet qui s’épanouit sans peine dans un cadre où les nouveaux contenus proposés par les internautes sont parfois remis en cause sur un mode bagarreur. Des études ont montré ainsi que les femmes voient leurs contributions supprimées plus souvent que les hommes. «Le ton des conversations peut parfois glisser vers des propos sexistes et des rapports de force qui peuvent se révéler franchement dissuasifs», ajoute Gabrielle Marie.

Que faire? Au niveau global, une Gender gap task force réfléchit aux moyens de réduire l’écart. Au niveau suisse, Wikimedia CH prévoit pour 2015 des editathons – contraction d’«éditer» et «marathon» – centrés sur la question. Enjeu majeur: «Sans refermer ce gap , on aurait du mal à dire que l’encyclopédie est représentative de notre société.»

www.postdigitalcultures.ch www.wikimedia.ch

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