Il dit qu’il a l’impression d’abandonner ses parents. Ils sont âgés de 84 et 92 ans, habitent Paris, lui en Suisse dans le canton de Vaud. Pascal* est binational (Suisse et Français), patron d’une grosse entreprise. Il ne souhaite pas qu’on l’identifie «parce que mon histoire est de l’ordre du privé, mais peut-être que ce témoignage va faire avancer les choses, car nous sommes nombreux dans ce cas».

Le 15 septembre dernier, le Conseil fédéral a placé neuf régions françaises sur la liste des zones à risque (rouges) en raison de l’évolution de la pandémie de Covid-19. Sont entre autres concernées l’Ile-de-France, les Hauts-de-France, la Normandie, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les personnes qui ont séjourné dans ces parties de l’Hexagone doivent se mettre dix jours en quarantaine à leur entrée en Suisse. Pascal fait face à un dilemme: rendre visite à ses parents implique donc un confinement au retour. Ses responsabilités professionnelles sont telles qu’il ne peut se tenir éloigné de ses collaborateurs dix jours durant. Il raconte: «Mon père doit bientôt subir une opération, ma mère s’est fait une entorse et se déplace avec des béquilles. Ils ont besoin d’aide pour remplir les papiers administratifs et avant tout ils souffrent de solitude. Ils sont en détresse psychologique.»