Les «cristaux homéopathiques», vous connaissez? Ce sont des minéraux que les guérisseurs évitent à cause de leurs pouvoirs négatifs. Mais, utilisés à doses homéopathiques, tels qu'ils apparaissent dans des quartz rarissimes du nord de l'Angleterre, ils deviennent bénéfiques. C'est en tout cas ce qu'affirme un prétendu ancien cristallographe, Alex Chesterford, sur son site (http://www.the-crystal-chamber.net).

Cette théorie a d'abord suscité un intérêt poli. Son créateur a reçu quelques messages intrigués. Mais l'affaire a soudain pris un tour polémique avec la parution, sur un forum ésotérique anglais en ligne, d'une intervention signée «le perturbateur», déniant toute valeur aux quartz britanniques.

Avalanche de réponses outrées. Des contradicteurs invoquent la physique théorique, d'autres protestent avec une telle violence que le modérateur du forum doit intervenir. Pas un seul message ne soutient le trouble-fête, pas une âme ne doute des bienfaits de l'«homéopathie cristalline». En répondant par une critique détaillée, «le perturbateur» ne réussit qu'à renforcer le mouvement de soutien.

Le problème, c'est que les cristaux homéopathiques n'existent pas, ni d'ailleurs leur inventeur. La théorie a été bricolée en quelques heures par un plaisantin qui voulait mesurer la crédulité de son public. C'est encore ce comploteur qui a signé les messages du «perturbateur», comme le relate le New Scientist du 1er mars.

Seuls les adeptes inconditionnels des cristaux homéopathiques sont bien réels. S'ils doutent encore d'avoir été abusés, ils n'ont qu'à cliquer sur le petit bouton «hoax», en haut à gauche de la page d'accueil du site de Chesterford.