Vu les problèmes toujours plus problématiques de circulation en ville, les voitures volantes refont parler d'elles (LT du 19 novembre 2004). Le croisement de l'automobile et de l'avion est une vieille idée, mais aussi une fausse bonne idée qui a engendré une constellation de projets utopiques: Autoplane, Arrowbile, AeroCar ou Skycar. La NASA et Boeing tentent de réactiver le concept de «Véhicule aérien personnel», lequel décollerait sur une courte distance, puis mènerait son propriétaire à destination en pilotage automatique.

Mike Dacre, responsable de la société britannique Avcen (www.avcen.com), voit l'avenir un rien différemment. Avcen planche sur une camionnette du ciel, le Jetpod, capable de transporter sept personnes entre par exemple un aéroport et le centre d'une mégapole. A la différence des projets de voitures volantes, le Jetpod sera piloté par un équipage professionnel, qui embarquera des passagers payants. Comme un taxi, pour le prix d'un taxi, mais en beaucoup moins de temps qu'un taxi, promet Mike Dacre, l'optimiste directeur d'Avcen.

Le Jetpod est un petit biréacteur pourvu d'ailes courtes, mais à large voilure, ce qui lui permettra d'être stable à basse vitesse. L'engin se déplacera à une altitude de 200 mètres, sans système de pressurisation, sans beaucoup de bruit également, puisque le Jetpod devrait être deux fois plus silencieux qu'un avion de taille équivalente. Capable de décoller sur une distance de 125 mètres et d'atteindre les 480 km/h, le taxi volant bénéficiera d'une propulsion originale: au décollage et à l'atterrissage, une part de la poussée des réacteurs pourra être déviée à travers les ailes, verticalement, un peu à l'image des célèbres Harrier britanniques. Avcen estime le prix d'un Jetpod à un million d'euros l'unité. Un premier prototype s'envolera en 2006.

S'envolera? Oups, nous voilà emportés par notre élan. Mieux vaudrait conjuguer nos verbes au conditionnel plutôt qu'au futur dit «simple»…