«Aujourd'hui, la course d'endurance est surtout une forme d'exercice et de détente, mais ses origines pourraient bien être aussi anciennes que le genre humain et même avoir contribué à la formation de son corps», écrivaient jeudi dernier deux biologistes américains dans la revue Nature.

Selon les deux professeurs de l'Université d'Utah et de Harvard, la course à pied sur de longues distances ne serait pas une conséquence parmi d'autres de l'adaptation humaine à la marche, comme des études précédentes l'ont affirmé. Sans la course de fond, postulent les scientifiques, nous ressemblerions davantage à des singes dotés de jambes courtes, de petites têtes et d'une démarche voûtée.

Si nous avons (ne nous vexons pas) de grosses fesses, une tête et des épaules qui se balancent facilement et surtout de longues jambes, ce serait en raison de la nécessité de parcourir vite, jadis, de grandes distances dans la savane africaine, afin d'épuiser le gibier, de l'atteindre avec des projectiles ou encore d'arriver sur une proie avant les charognards ailés ou à quatre pattes. Face aux supersprinters de la savane, la survie de nos ancêtres aurait dépendu de leur capacité à courir longtemps, notamment dans la chaleur du jour. Sous l'effet de la sélection naturelle, les premiers représentants du genre homo auraient ainsi développé une forme anatomique élancée. Les deux biologistes ont détecté, chez Homo habilis et Homo erectus, pas moins de 26 traits anatomiques aptes à augmenter l'efficacité de la course de fond. Un seuil évolutif déterminant aurait été franchi il y a deux millions d'années.

Courir aujourd'hui dans la campagne, ou dans l'une des courses populaires qui émaillent la saison, ne serait ainsi que le naturel qui revient au galop dans le meilleur des cas, ou à petites foulées pour la plupart d'entre nous. Hop, hop!