L'ensemble est plat, rond et constitué de sillons clairement distinguables, comme un disque gramophone. De plus, le système émet aussi sa petite musique. Mais ce n'est pas un vieux vinyle. De quoi s'agit-il?

Des anneaux de Saturne. Grâce à l'un des détecteurs installés à bord de la sonde Cassini qui observe la planète sous toutes ses coutures depuis juillet dernier, des astrophysiciens américains ont en effet capté des ondes radio dont la provenance était clairement son système d'anneaux. Les enregistrements n'étaient d'abord pas audibles en tant que tels. Pour ramener ces sons dans la frange perceptible par l'oreille humaine, les chercheurs ont donc dû en réduire la fréquence d'un facteur cinq. Finalement, le signal était composé de notes courtes, durant entre une et trois secondes, et assez distinctes, contrairement aux sons éthérés et glissants qui sont associés à d'autres événements cosmiques.

Ces sons seraient dus aux impacts de micrométéorites sur les morceaux de glace qui constituent les anneaux, a expliqué Don Gurnett, de l'Université d'Iowa, la semaine passée lors du congrès de la Division planète de la Société astronomique américaine. Ces chocs créeraient autant de pulsations d'énergie diffusées dans l'espace. En estimant cette énergie, les chercheurs ont calculé que la taille de ces météorites était de l'ordre du centimètre.

Cette équipe de l'Université d'Iowa (Etats-Unis) n'en est pas à son coup d'essai, puisque ses précédents opus s'appelaient entre autres «Chorus de la Terre» ou «Sifflements joviens». Les bruits qu'elle a récoltés depuis près de quarante ans ont même fait l'objet d'un spectacle multimédia dont la bande son a été interprété par le Kronos Quartet. Nul doute que cette «Musique des anneaux» sera le prochain «tube» de la musique cosmique, du moins parmi les astrophysiciens.