Le principal pilier de la sortie du nucléaire

L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) travaille sur la manière de concrétiser l’objectif de remplacer progressivement l’énergie produite par les centrales nucléaires – décision prise fin mai par le Conseil fédéral, deux mois et demi après la catastrophe de Fukushima. L’énergie solaire se taille la part du lion des nouvelles énergies renouvelables.

Selon le scénario retenu par le gouvernement, le solaire photovoltaïque devrait fournir, à l’horizon 2050, 10,4 milliards de kWh par an, soit près de la moitié de la production actuelle des cinq réacteurs nucléaires en service. Cela correspond à la consommation électrique moyenne de quelque 3 millions de ménages. Ce potentiel est 2,5 fois plus élevé que celui attribué à l’énergie éolienne.

Swissolar, l’organisation de promotion de l’énergie solaire, est à peu près d’accord avec cet objectif, en le relevant à 12 milliards de kWh, mais n’est pas satisfaite du calendrier adopté. Elle estime que ce niveau de production peut déjà être atteint en 2025.

La catastrophe de Fukushima a d’ailleurs incité Swissolar à doubler ses am­bitions. Elle considère désormais que le solaire devra constituer, dans moins de 15 ans, 20%, et non plus 10%, de la production ­électrique suisse.

Pour y parvenir, elle propose d’investir massivement dans la pose de panneaux photovoltaïques sur les deux tiers des 200 km2 de toitures et façades particulièrement bien exposées au soleil. L’incitation à équiper les bâtiments proviendrait d’une augmentation temporaire et progressive du prix de l’électricité de 1,5 à 2,8 centimes le kWh.

Cent vingt fois plus de surface

L’effort de construction reste ­gigantesque, malgré la récente progression qui a vu la puissance installée passer de 45 MW (mégawatts) en 2008 à plus de 110 MW aujourd’hui. Il faudra en effet multiplier par 120 la surface actuellement posée pour atteindre l’objectif visé par le Conseil fédéral. Malgré une baisse plus rapide qu’attendu, le prix de production du kWh photovoltaïque, autour de 45 centimes, reste un obstacle. Il devrait cependant atteindre 14 centimes en 2030, à la faveur des progrès techniques et des économies d’échelle. Le prix moyen de l’électricité est aujourd’hui de 7 centimes le kWh.

Le solaire thermique doit également apporter une forte contribution à la production de chaleur et d’eau chaude pour réduire la facture pétrolière. Un million de mètres carrés de panneaux sont déjà posés, suite au décollage du marché en 2006. Mais c’est cinq fois moins par habitant qu’en Autriche.