Différents départements planchent sur des mesures qui pourraient être identifiées comme des mesures de relance et celui de l'économie pourrait être appelé à nouer une gerbe, probablement guère spectaculaire. Le Conseil fédéral est actif mais se défend de faire de l'activisme, a affirmé Doris Leuthard dans les différentes enceintes où elle s'est exprimée ces derniers jours. Le problème vient du fait que ce sont avant tout certains secteurs de l'industrie d'exportation qui souffrent du ralentissement, alors que la demande intérieure reste soutenue. Le Département de l'économie insiste beaucoup, à cet égard, sur l'opportunité de travailler à l'élimination des obstacles techniques au commerce et d'accélérer les projets en cours, tels que le «cassis de Dijon» et les accords de libre-échange, y compris le libre-échange agricole, ainsi que la relance des négociations à l'OMC.

Sur le plan intérieur, les investissements dans les domaines de la construction et des infrastructures, que réclament la gauche, les syndicats et les Verts, n'ont d'effet anticyclique que s'ils peuvent être engagés à court terme. Il s'agit donc, dans un premier temps, d'identifier les programmes qui sont prêts et dont la mise en œuvre peut être avancée. Et s'il est un programme qui répond à ces impératifs, c'est bien le programme d'armement, la conjoncture fournissant ainsi de nouveaux arguments à Samuel Schmid. Il s'agit d'un investissement de quelque 600 millions au total, à Emmen (LU) pour l'entretien des FA-18 et à Kreuzlingen (TG) pour la construction de véhicules blindés d'infanterie et protection chimique Mowag.

Du côté des partis, le PS devrait présenter ses propositions cette semaine, dont on sait qu'elles portent sur trois axes, les investissements dans l'isolation des bâtiments, la baisse des taux hypothécaires et les hausses de salaires. Sur ces deux dernières propositions, les pouvoirs publics n'ont guère d'influence.

Un accent semble être mis pour l'instant sur une relance de la consommation. C'est ce que fait le canton de Berne, en annonçant une baisse unique des impôts et une hausse du salaire des fonctionnaires. Encore faut-il que les consommateurs dépensent ce pouvoir d'achat supplémentaire plutôt que de le thésauriser, et qu'ils le fassent pour des produits suisses et non importés.

Il s'est avéré par ailleurs que l'idée de redistribuer, à raison de 500 francs par personne, l'excédent de recettes de la Confédération, proposée par le président de l'UDC dans la presse alémanique du dimanche était un montage médiatique auquel Toni Brunner a été le seul à se prêter. Et qui est demeuré sans suite.