Football

Le Bayern va-t-il tuer la Bundesliga?

Chaque année, le Bayern est champion plus tôt. Mais qui va s'intéresser à la Bundesliga hors d'Allemagne si le titre est joué en janvier ou février? 

Si cela peut consoler Arsenal, fessé 5-1 mercredi en Ligue des Champions, c'est presque tous les week-ends la même musique pour les adversaires du Bayern Munich. A quatorze journées de la fin, le Bayern (qui se déplace samedi à Berlin) compte sept points d'avance sur la surprise Leipzig (en perte de vitesse) et surtout quinze sur son seul véritable contradicteur, le Borussia Dortmund.

Le club bavarois se dirige sans surprise ni grande émotion vers un 27e titre en Bundesliga, le cinquième consécutif alors qu'il n'avait jamais réussi à en enchaîner plus de trois, même lorsqu'il dominait l'Europe au milieu des années 70. Surtout, le Bayern est champion chaque année plus tôt. Même cette saison, où il joue plutôt mal, le suspense ne passe pas l'hiver. «Rideau sur la Bundesliga», a titré le 12 février la Süddeutsche Zeitung.

Paradoxalement, la Bundesliga n'a jamais été aussi riche ni ses clubs aussi bien portants. La ligue a généré en 2015-2016 un chiffre d'affaires record de 3,24 milliards d'euros. Les revenus, en hausse pour la douzième saison consécutive, ont progressé de 23,7%. Treize clubs (sur dix-huit) ont franchi la barre des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.

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Le championnat allemand peut espérer faire encore mieux la saison prochaine avec l'entrée en vigueur du nouveau contrat d'image, cédé contre 1,159 milliard d'euros par saison. Mais qui s'intéressera à la Bundesliga hors d'Allemagne si le titre est joué en janvier ou février? «Si le Bayern Munich gagne dix ou quinze titres d'affilée alors cela deviendra un problème mais nous n'en sommes pas encore là», temporise Christian Seifert, le directeur de la Ligue allemande de football (DFL).

Quatrième club le plus riche du monde, le Bayern maintient sa position dominante en affaiblissant régulièrement ses contradicteurs potentiels. «Chaque année, ils achètent le meilleur joueur de leur rival, une année c'est (Robert) Lewandowski, l'autre c'est (Mario) Götze, et la suivante c'est (Mats) Hummels», avait ainsi ironisé en début de saison José Mourinho.

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