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Enzo Zidane, très entouré lors de sa présentation au Lausanne-Sport, le 5 janvier.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT / Keystone

Football

En 2018, Lausanne-Sport dépasse le stade des vœux

En recrutant trois jeunes talents ambitieux, dont Enzo Zidane, le LS confirme qu’il a changé de catégorie ces derniers mois. Ce qui correspond à la volonté du nouveau propriétaire

Quatre lettres floquées au dos d’un maillot bleu, sous le numéro 21. ENZO. Tant pis pour les fans du Lausanne-Sport, qui rêvaient de voir le nom de Zidane associé à celui de leur club; tant mieux pour le joueur, qui vient à la Pontaise pour se débarrasser de l’étiquette de «fils de» et écrire sa propre histoire.

L’attraction du jour est là. Le teint hâlé, habillé à la mode mais sans extravagance, le même sourire timide au coin des yeux que son père, le même léger accent marseillais mais qui, chez lui, surprend puisqu’il a vécu le plus clair de son temps en Espagne. Le jeune meneur de jeu (21 ans) vient d’Alavés, où il n’a pratiquement pas joué cette saison.

Un entraîneur aux anges

Enzo Zidane n’est pas seul. Avec lui, en ce jour de reprise, le Lausanne-Sport présente ses deux autres recrues hivernales: le milieu de terrain suédois Alexander Fransson (23 ans), prêté par le FC Bâle dans le cadre du retour au Parc Saint-Jacques de Samuele Campo, et l’attaquant tessinois Simone Rapp (25 ans), 9 buts en 18 matches cet automne avec Thoune. Leur nouvel entraîneur, Fabio Celestini, ne boude pas son plaisir. «Le meilleur buteur du championnat, un international qui disputera peut-être la Coupe du monde avec la Suède, un espoir du Real Madrid qui arrive directement de Liga: il faudrait être difficile pour ne pas être satisfait! Il y a quelques années, voire quelques mois, de tels joueurs n’auraient pas été intéressés par notre projet.»

C’est particulièrement vrai pour Simone Rapp. Le buteur (1 m 93, 83 kg), plus finisseur que dévoreur d’espaces, semblait devoir fatalement poursuivre sa trajectoire ascensionnelle à Young Boys ou à Bâle. Fabio Celestini – qui cherchait un attaquant de ce style, grand, puissant, bon dans le jeu aérien et capable d’offrir un point de fixation haut dans le terrain à son équipe – l’a convaincu de passer par la case Lausanne. Et l’intéressé n’a pas le sentiment de régresser. «Je dois dire qu’après avoir parlé avec Fabio Celestini, ma décision de venir ici était déjà presque prise, reconnaît Simone Rapp. C’était le bon moment pour moi de passer à autre chose et de franchir un palier. Lausanne a très bien fait les choses, Thoune était content de la transaction et moi aussi. Ça s’est réglé très vite.»

La discrétion en héritage

C’est aussi ce qu’explique Enzo Zidane d’une voix douce devant une forêt de micros. Assailli de demandes d’interview individuelle, le club a tout rejeté en bloc, afin de ne pas surexposer le joueur, qui ne répond qu’à quelques questions que les médias devront bien se partager. Il faut tendre le micro, et l’oreille parce que le garçon a hérité de la discrétion paternelle. «A Alavés, ça ne se passait pas très bien, admet-il, mais ce sont des choses qui arrivent dans le football. J’ai reçu un appel de Fabio Celestini, qui m’a parlé directement et expliqué son idée de jeu. J’ai été très vite intéressé, parce qu’il a envie de jouer le football que j’aime. Donc voilà, je voulais faire partie de ce projet, ça s’est fait assez facilement et j’en suis très content.»

Lorsqu’il jouait à Getafe (de 2005 à 2010), le troisième club de Madrid, Fabio Celestini avait pour voisins les Zidane. «Nos enfants jouaient dans le même club, se souvient-il. J’ai connu Enzo petit mais ce n’est pas pour cela que je l’ai fait venir. Ce qui me plaît, c’est sa première touche de balle fantastique, sa capacité à faire jouer l’équipe, à inventer des passes qui n’existent pas. Il a cette fantaisie et cette créativité que je recherche.»

«Des joueurs qui ont faim»

La troisième recrue, le Suédois Alexander Fransson, correspond au même profil. «Ce sont des joueurs jeunes et talentueux, et surtout qui ont faim», souligne Fabio Celestini. Comme Enzo Zidane, Fransson a peu joué durant le second semestre 2017 (dix apparitions avec Bâle). «Lorsque je suis allé chercher Samuele Campo en Première Ligue Promotion il y a dix-huit mois, il n’avait jamais joué en Challenge League. Aujourd’hui, Bâle le rappelle. A moi de faire le même travail avec Enzo et Fransson.»

C’est dit avec envie, presque appétit. Visiblement, Fabio Celestini a hâte de partir en stage en Espagne (le 13 janvier) puis de reprendre le championnat (le 3 février, à Lucerne). «Jusqu’ici, Lausanne ne parvenait à attirer que des joueurs très jeunes ou au contraire en fin de carrière, reprend-il. Cette fois, j’ai pu dire quels profils je recherchais. Pouvoir travailler avec des joueurs de 22-25 ans ouvre d’autres perspectives. Nous voulions ces trois joueurs et nous les avons eus les trois! Incontestablement, le LS attire plus que par le passé.»

Des atouts décisifs

Dix-huit mois après sa promotion en Super League, le club vaudois a franchi un cap. Ses bons résultats sportifs (cinquième du championnat à 3 points de la troisième place), autant que le rachat du club en novembre par une société aux reins très solides (Ineos), donnent confiance et font envie. Derrière le trio Bâle-YB-FC Zurich, Lausanne est désormais une bonne adresse, au moins autant que Saint-Gall, sans doute plus (en ce moment) que Grasshopper ou le FC Sion. Les finances sont saines, l’entraîneur compétent, le jeu ambitieux et les perspectives d’y décoller ou de rebondir (Musa Araz, Olivier Custodio, Jordan Lotomba, Nassim Ben Khalifa, Samuele Campo) compensent largement l’ambiance morose de la Pontaise.
Ce constat ravit David Thompson, le CEO du groupe Ineos et nouvel homme fort du club. «Nous avions dit que nous voulions renforcer notre colonne vertébrale et nous sommes en train de le faire, souligne l’Anglais. C’est la première phase d’un projet à long terme dont l’un des objectifs est de retrouver, d’ici deux ou trois ans, le football européen.»

Défense perfectible

La route est encore longue, et la marge étroite. Fabio Celestini, qui dit ne pouvoir compter que sur 18 joueurs pour le second tour, admet qu’il aurait été dans l’embarras si Fransson, Rapp et Zidane lui avaient dit non. L’entraîneur vaudois reconnaît également à demi-mot que son équipe aurait besoin d’un renfort de plus en défense. «Nous avons jusqu’au 15 février [date de la fermeture de la période des transferts] pour y penser», élude-t-il, comme si rien ne devait pouvoir ternir son bonheur du moment.

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