Novak Djokovic est-il conçu pour durer?

Dimanche, Novak Djokovic n'a pas eu à forcer son talent pour remporter son quatrième Masters de rang, prendre sa revanche sur un Roger Federer qui l'avait battu lors de la phase de poules et conclure sa saison presque parfaite en apothéose. «On ne peut que le féliciter… et ne pas lui souhaiter bonne chance pour l'année prochaine», a rigolé Rafael Nadal après sa défaite face au Serbe en demi-finale. Le Majorquin vise juste, voilà la question qui se pose alors que 2015 touche à son terme: Djokovic en a-t-il fini?

«Mon système est réglé comme une bonne horloge / Je suis conçu pour durer, conçu pour les éloges», disait le mythique groupe de rap français La Cliqua dans un morceau écrit il y a vingt ans et qui convient parfaitement au Djokovic actuel: «Nole» a relégué ses faiblesses mentales et physiques au vestiaire et se pose désormais en machine à gagner. Sa production (des résultats spectaculaires, un jeu abouti, une confiance inébranlable) doit tout à son mécanisme: une hygiène de vie absolue, un entraînement protéiforme qui convoque yoga, méditation et étirements, ainsi qu'une considération des moindres détails. Le Serbe a le contrôle sur le court car il l'a en dehors. Tant que ce sera le cas, les autres en seront réduits à chercher une faille dans le système.


Que fait Leicester City en tête de la Premier League?

Un international suisse est actuellement en tête d'un grand championnat européen. Stephan Lichsteiner avec la Juventus? Roman Bürki avec le Borussia Dortmund? Timm Klose et Ricardo Rodriguez avec Wolfsburg? Non, non et non: il s'agit de Gökhan Inler avec Leicester City. Grâce à un succès à Newcastle, les Foxes ont pris les commandes de la Premier League, alors que ce sont des prétendants naturels au titre qui mènent le bal ailleurs dans le Big-5: l'Inter en Italie, le Bayern en Allemagne, le PSG en France et le Barça en Espagne.

Pourtant, ce n'est pas en Angleterre qu'il y a le moins de grandes équipes. Mais voilà: les deux Manchester, Arsenal et Chelsea demeurent en retrait, aujourd'hui, d'un club qui n'a jamais remporté ni le championnat ni la Coupe (mais trois Coupes de la Ligue quand même). Cette année, la redistribution des recettes des droits télévisés a donné d'importants moyens financiers à toutes les formations de Premier League. La première place provisoire de Leicester City est-elle une conséquence de ce processus? Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'était pas prévue: quand Gökhan Inler est arrivé, en provenance de Naples, c'était pour «aider le club à survivre» en première division, après sa promotion. Depuis, les Foxes ont changé de perspectives: ils sont devant. Et le capitaine de la Nati n'y est pas pour grand-chose: il n'a plus joué depuis le 19 septembre.


Zinédine Zidane est-il mûr pour la Maison Blanche?

L'Observatoire du football révèle lundi que la Castilla, la réserve du Real, est l'équipe qui a le plus contribué au développement des joueurs évoluant dans les cinq plus grands championnats européens. 45 joueurs (dont Juan Mata, Alvaro Negredo et Roberto Soldado) sous contrat avec leurs équipes sont passés par Madrid avant d'atteindre 23 ans. Une statistique flatteuse de plus à mettre, notamment, au crédit de l'entraîneur Zinédine Zidane, alors que son nom circule avec de plus en plus d'insistance comme candidat à la tête de l'équipe première du Real.

Rafael Benitez est chahuté pour des performances décevantes, a fortiori depuis l'humiliation de samedi lors du Clasico (0-4 contre Barcelone). De son côté, Zidane jouit d'une cote exceptionnelle, même si l'expérience montre que les plus grands joueurs ne deviennent que rarement les meilleurs entraîneurs. Autres problèmes: son manque d'expérience au plus haut niveau, la difficulté de la mission (remporter la Liga alors que le Barça a déjà six points d'avance) et un contexte délicat, avec un Cristiano Ronaldo dont l'avenir fait beaucoup parler. Après le match de la Castilla dimanche, Zinédine Zidane s'est exprimé sur le sujet: «Je suis l'entraîneur de la Castilla, Benitez de l'équipe première, et pour le moment, c'est très bien comme ça.» Clair et net. Mais ne dit-on pas qu'en football, tout va très vite?


La menace terroriste aura-t-elle raison de la Coupe Davis?

La finale de la Coupe Davis devrait se dérouler en fin de semaine entre la Belgique et la Grande-Bretagne, à Gand. Le conditionnel est de rigueur, compte tenu de la menace terroriste qui plane sur Bruxelles, à soixante kilomètres de là, depuis samedi. Ce week-end, de nombreux événements sportifs et culturels ont été annulés, tandis que les médias ont dépeint la capitale belge comme une ville morte, alors que les métros et les centres commerciaux sont restés fermés.

L'équipe de Grande-Bretagne avait, comme première mesure, décidé de reporter son arrivée en Belgique à lundi, préférant s'entraîner à Londres samedi, sur terre battue, la surface choisie pour la finale. Pourra-t-elle se tenir? Les annulations d'événements sportifs ont déjà débordé du week-end: en Youth League, compétition européenne M19 de football, la rencontre prévue mardi entre Anderlecht et Servette a été reportée.


La FIFA joue-t-elle contre Michel Platini?

«Il n'y a plus aucune crédibilité à accorder à la FIFA.» Parole de Maître Thibaud d'Alès, samedi. «C'est burlesque. Cela pourrait prêter à rire si on ne parlait pas de l'avenir de la plus grosse institution non gouvernementale du monde.» L'avocat de Michel Platini était très remonté après l'annonce de la chambre d'investigation de la commission d'éthique de la FIFA, qui a «requis des sanctions» contre le Français, virtuellement toujours candidat à la présidence de la FIFA mais sous le coup d'une suspension de nonante jours qui l'empêche de faire campagne jusqu'au 5 janvier.

Selon le camp Platini, la FIFA instrumentalise le calendrier contre le président de l'UEFA. Premier élément: le rejet de son appel interne ne lui a été notifié que quinze jours après que la décision a été prise, l'empêchant ainsi de recourir devant le Tribunal arbitral du sport dans l'intervalle. Lorsqu'il l'a fait, la chambre d'investigation a bouclé son travail le lendemain: deuxième grief. Maître Thibaud d'Alès développe ses craintes: «Si les juges de la FIFA décident sur le fond avant que le TAS ne tranche sur notre appel sur la suspension provisoire, cela ne va peut-être pas plaire au TAS. En cas de sanction sur le fond de la FIFA, il faudra à nouveau faire appel devant la FIFA, avant d'aller au TAS.» Pendant ce temps, dans une interview à diffuser de la RTS, Sepp Blatter qualifie Michel Platini d'«homme honnête», assurant que s'il revenait dans la course à la présidence, il l'emporterait. Ce n'est pas encore gagné.