Depuis trois mois, les dettes du Servette FC s'accumulent. Un extrait de l'Office des poursuites de Genève daté du 11 janvier 2005, dont Le Temps a pu se procurer une copie, montre que 34 demandes de poursuites ont été engagées contre le club pour la seule année 2004. Si l'on remonte jusqu'en 2002, on apprend que le club genevois est poursuivi par 67 créanciers.

Au total, le montant des poursuites engagées flirte avec les 5 millions de francs alors que cette somme était de 2,2 millions de francs le 4 octobre 2004. Dans cette liste, on retrouve des hôtels, des régies, des avocats, des PME, des banques, des anciens joueurs, des entraîneurs, les Services industriels de Genève, les Transports publics genevois, l'administration fédérale et l'assurance maternité. Une entreprise à elle seule demande jusqu'à 2,2 millions de francs au club.

L'hôtel Ramada Park, près de l'aéroport de Cointrin, vient de grossir les rangs

des nouveaux créanciers de l'ère Marc Roger. Cet établissement hôtelier de 4 étoiles a hébergé des dizaines de joueurs qui ont transité par le club genevois. Las de voir revenir les factures impayées dans sa boîte aux lettres, le Ramada Park a actionné cet hiver le levier des poursuites pour une somme totale de 106 196.85 frANCS.

C'est un des plus gros créanciers de la liste. C'est aussi un des plus récents.

Mais Marc Roger n'est pas seul responsable de cette situation pour le moins délicate. En reprenant le club, le président des Grenat a hérité de la gestion de ses prédécesseurs. Le cas Onis Sportswear est sur ce point révélateur. Cette société italienne dont le siège est à Bergame a habillé le Servette FC avec sa marque ERREA pendant trois saisons. Aujourd'hui, elle demande 207 036.40 frANCS au club genevois. «On a hérité ce contrat de Canal + mais nous avons essayé de négocier avec le directeur italien», explique Christian Lüscher, ancien président du Servette FC. «Au début, l'argent rentrait régulièrement, répond amer Olivo Cereda, directeur de Onis Sportswear. Mais la saison 2003/2004 a été désastreuse: quasiment plus aucune facture n'a été payée par les dirigeants servettiens.»