Le FC Lugano aura eu moins de chance que le Lausanne-Sports. Les efforts déployés sans relâche par Umberto Giovine, le président du club tessinois, n'auront servi à rien. Les conditions imposées par le sursis concordataire, arrivé à échéance jeudi, n'ont pas été remplies par les «bianconeri».

Il s'agissait, d'une part, de convaincre les trois quarts des 74 créanciers de renoncer à 99% de leur dû et, d'autre part, de réunir une somme correspondant aux deux tiers du pour-cent restant, sachant que 137 millions de francs figuraient sur l'ardoise. Pourtant, lors de la dernière assemblée des créanciers de la formation sportive, le 6 février dernier, tous semblaient s'être résignés à ce règlement symbolique.

Mais, coup de théâtre, le 18 mars dernier, dans la plus grande discrétion, deux des sociétés financières qui avaient été flouées par Helios Jermini (l'ancien président du club qui avait mis fin à ses jours en se jetant à bord de sa voiture dans les eaux du lac Ceresio, le 5 mars 2002) ont décidé de tourner le dos à la proposition de règlement pour solde de tout compte. Umberto Giovine avait choisi de cacher la vérité à ses joueurs jusqu'à la fin, pour préserver un semblant de sérénité au sein de la formation, engagée dans le tour de promotion-relégation.

Mardi, les lettres de licenciement adressées au personnel, joueurs compris, avaient déjà été expédiées. Une quarantaine de personnes se retrouveront ainsi au chômage dès la fin du mois d'avril, les salaires étant assurés jusque-là, à en croire le porte-parole du club, Luigi Testino. La demande de mise en faillite n'est désormais plus qu'une question de formalité. Selon toute vraisemblance, le club devrait franchir lui-même le pas.

Vendredi dernier face à Aarau, les «bianconeri» ont donc disputé – et perdu (1-2) – le dernier match de leur histoire, sans même le savoir. Le FC Lugano allait souffler ses 95 bougies. Il a soulevé à trois reprises le trophée de champion suisse et participé récemment encore à la Coupe UEFA, avant de connaître sa descente aux enfers.