La Juventus aligne sa défense au tribunal de Turin. Dans la petite salle d'audience où sont jugés pour dopage le médecin du club, Riccardo Agricola, et l'administrateur délégué, Antonio Giraudo, les avocats de la plus prestigieuse équipe italienne ont débuté hier leurs plaidoiries. Alors que le procureur, Raffaele Guariniello, a réclamé, la semaine dernière, trois ans et deux mois de réclusion à l'encontre du premier et vingt-cinq mois pour le second, l'avocat Luigi Chiappero a tenté hier de repousser l'accusation d'administration d'EPO aux joueurs.

En juin dernier, l'expert Giuseppe D'Onofrio, nommé par le juge Casalbore, avait affirmé: «L'administration d'EPO à deux footballeurs de la Juventus, Antonio Conte et Alessio Tacchniardi est quasiment certaine. Elle est très probable pour d'autres athlètes dont Birindelli, Deschamps, Dimas, Montero, Pessotto et Torricelli.» Hier, Luigi Chiappero s'est employé à contester ces conclusions et la compétence même de l'expert. «La prise de fer ne signifie pas prise d'EPO», a-t-il insisté, laissant entendre que Giuseppe D'Onofrio aurait mis en avant des éléments à charge plutôt que d'effectuer une expertise avec toute la neutralité requise. En ce qui concerne Antonio Conte, dont le taux d'hémoglobine a subi de surprenantes modifications, l'avocat a par exemple déclaré: «La remontée n'est pas normale, mais il n'est pas impossible qu'elle ait eu lieu sans l'apport de produits externes.»

Les défenseurs des bianconeri soutiennent que les accusations du procureur ne sont que des «théorèmes». Au cours des prochaines audiences, les deux autres avocats d'Antonio Guraudo et Riccardo Agricola, qui est apparu très nerveux hier au Palais de justice, devraient revenir en particulier sur la mise en place au sein du club d'une véritable pharmacie contenant près de 300 produits. La dernière audience du procès, qui a débuté en janvier 2002, est prévue à la fin du mois.

«Il n'y aura aucune répercussion sur l'état d'âme de l'équipe», a répété l'entraîneur Fabio Capello, qui estime que «les procureurs exagèrent toujours dans leurs réquisitoires». A l'inverse, l'entraîneur de Lecce, Zdenek Zeman, dont les déclarations en juillet 1998 sont à l'origine des actions judiciaires contre la Juventus, a relancé dimanche dernier la polémique en affirmant que «si le procès devait se conclure par des condamnations, il serait logique que l'on retire au club turinois les trophées gagnés durant les années incriminées».