Transferts

Les ailes coupées du football suisse

Tous les clubs en rêvent: dénicher un talent en Afrique ou au Brésil, le faire venir puis le revendre avec une grosse plus-value. Avec la politique étrangère restrictive de la Suisse, c’est devenu aujourd’hui presque impossible

C’est le genre d’histoires dont tous les fans et dirigeants se souviennent pendant des années avec plaisir: un jeune joueur totalement inconnu arrive, se révèle et s’en va pour une grosse somme à l’étranger. Presque tous les clubs suisses ont une histoire comme cela à raconter: Thoune avec Scarione, Chiasso avec Raffael, Bâle avec Derlis González. Si l’on remonte plus loin dans le temps, ce sont même des légendes: Giovane Elber à GC, Sonny Anderson à Servette, Shabani Nonda au FC Zurich. On entend de moins de moins de telles histoires, parce que les politiques étrangères restrictives de la Suisse ont aussi saisi le football local.

En faisant de la migration un thème central, l’UDC est devenue la force politique la plus influente du parlement. La victoire dans les urnes de ses initiatives («Pour le renvoi des étrangers criminels», «Contre l’immigration de masse») a rendu les lois sur les étrangers plus strictes. Sous pression, le Secrétariat d’Etat pour la migration (SEM) s’est senti obligé de réguler de manière plus précise les demandes de permis de travail pour les ressortissants des Etats tiers. Pour avoir le droit de prendre un emploi en Suisse, un citoyen non européen doit être qualifié de telle sorte qu’un résident local ne puisse pas l’exercer. On connaît la conséquence: l’économie suisse, mais aussi la recherche et le développement, a de plus en plus de mal à attirer des compétences internationales. Mais beaucoup de clubs de football souffrent aussi de ce durcissement, car beaucoup de talents non européens n’ont plus le droit de signer un contrat en Suisse.