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Football

Pourquoi nous aimons tous Leicester

Avec une cote de 5000/1, une enveloppe pour leurs transferts d'à peine 30 millions et un entraîneur jeté de partout, la petite équipe des Midlands est devenue championne d'Angleterre. Une belle histoire qui rappelle aux plus de 40 ans le foot d'avant. Et ça fait du bien

Bien sûr, un sacre dimanche à Manchester, dans le «Théâtre des rêves», sur la pelouse du club le plus dominant de ces vingt dernières années, aurait eu plus d'éclat. Mais puisque l'aventure de Leicester City est d'abord celle d'une bande de potes, le happy end s'est joué dans le salon de Jamie Vardy, l'avant-centre aux allures de voyou des Midlands. C'est devant leur télé, et quelques médias prêts à immortaliser le moment historique, que les «Foxes» de Leicester sont devenus champion d'Angleterre. En rugby, la nouvelle n'aurait surpris personne, mais en football, c'est un exploit insensé. Peut-être la plus grande surprise depuis la création de la Premier League. La victoire la plus inattendue en tous cas depuis le titre du Blackburn d'Alan Shearer en 1995.

Mené 0-2 par Tottenham, Chelsea y a mis du sien pour revenir au score et faire plaisir à toute l'Europe. Car tout le monde aime Leicester. Il y a dans cette passion soudaine pour l'équipe de Claudio Ranieri bien plus que la simple sympathie du public pour l'«underdog» qui déjoue les pronostics et bat les favoris. Les gens sont touchés par le parcours de cette équipe qui parle principalement aux plus de 40 ans. Aimer Leicester City, c'est pouvoir dire à son fils: «tu vois, le foot, avant, c'était comme ça.» Et constater, non sans fierté, qu'il est toujours compétitif.

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Avant de devenir un conglomérat international de millionnaires tatoués et individualistes, une équipe était un assemblage assez hétéroclite de diverses personnalités, histoires et morphologies. On retrouve cela avec Leicester. Des petits (Kanté), des maigres (Vardy), des balèzes (Morgan), des filous (Mahrez), des patauds (Robert Huth). Cela pourrait être l'équipe adverse du dimanche matin: un 4-4-2 immuable, des consignes d'avant-match limitées au strict minimum et, dès le coup d'envoi, tout le monde qui se donne à fond.

On a beaucoup comparé le parcours de Leicester à celui de Montpellier, champion de France au nez et à la barbe du PSG en 2012. Mais sur le style, le parcours, d'autres références, plus anciennes, émergent. Le Strasbourg de Gilbert Gress, champion de France en 1979 avec onze joueurs, une performance rééditée par Leicester dont nous pouvons tous désormais réciter le onze de base immuable. On y retrouve une majorité de Britanniques, sublimés par quelques étrangers. Ça aussi, c'était le foot d'avant. Quand deux ou trois bons transferts faisaient faire un saut de qualité à une équipe. La dernière fois qu'un club a eu la main aussi heureuse, c'était en 1985, en Italie, et le Hellas Vérone de Hans-Peter Briegel et Preben Elkjaer-Larsen avait remporté le scudetto.

La magie de Leicester prend corps dans cette farandole de noms qui vont s'inscrire pour longtemps dans nos mémoires. Des individus révélés par un collectif, c'est déjà ce qu'avait réussi Bobby Robson à Ipswich Town au début des années 80. On découvre Vardy, Drinkwater, Albrighton comme on s'émerveillait devant Alan Brazil, Paul Mariner, John Wark.

Strasbourg, Ipswich, Vérone, Blackburn, Leicester. Le bleu est la couleur de l'espoir.

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