Ils se sont battus comme des lions pour remporter le géant d’Adelboden. Seulement 21e de la première manche, le Français Cyprien Richard a dû prendre tous les risques pour livrer lors de son deuxième passage une copie parfaite. Seul Aksel Lund Svindal a pu l’égaler au centième près, et ainsi prendre la tête de la course au gros globe de cristal. Malade depuis plusieurs jours, le Norvégien avait failli renoncer à prendre le départ. «Je n’étais pas très confiant, a-t-il dit. C’est bien la preuve qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer.»

Cyprien Richard signe à 31 ans sa première victoire en Coupe du monde. Il avoue un gros faible pour la Chuenisbärgli: «C’est un gros défi, elle n’a pas deux courbes qui se ressemblent. Quand j’ai abordé, en bas de la piste, ce mur de malade sous les encouragements des spectateurs, j’ai ressenti quelque chose d’indescriptible. Il n’y a qu’ici qu’on peut vivre un truc pareil.»

Le Français a derrière lui une carrière cabossée, marquée par les blessures. Il a trainé son obstination durant de longues années en Coupe d’Europe, de convalescences en recommencements. «Dans cette catégorie, tu es tout seul, raconte-t-il. Tu ne dispose pas d’un staff pour t’encadrer en cas de blessure comme en Coupe du monde. Il y a cinq ans, il n’y avait pas grand monde qui croyait encore en moi. Mais aujourd’hui, mon passé est ce qui fait ma force, qui me donne ma motivation.» Le Morzinois n’a jamais signé d’exploit, mais a progressé lentement, au rythme que son corps lui permettait. Il n’a qu’une quarantaine de Coupes du monde à son actif, mais s’illustre régulièrement depuis deux ans. Il occupe la troisième place du classement provisoire du globe de géant derrière Ted Ligety, auteur d’une grosse faute en deuxième manche à Adelboden, et Aksel Lund Svindal.

Marc Berthod a signé, avec une septième place, le meilleur résultat helvétique devant Didier Cuche, 11e. Auteur d’une excellente première manche, qui lui avait permis de s’emparer de la deuxième place du classement provisoire, Carlo Janka a finalement été relégué au 13e rang. «Il n’a pas pris assez de risques, explique l’entraîneur en chef des hommes, Martin Rufener. De plus, la lumière avait baissé et il faisait assez sombre. Il n’a pas assez attaqué deux virages, et cela lui a fait perdre beaucoup de vitesse.» Enfin Daniel Albrecht, très applaudi dans la station bernoise, a pris le trentième rang pour sa première Coupe du monde disputée à domicile depuis son accident.