Ne pas toucher terre, c’est le principe qui régit le métier de marin. Depuis qu’il est arrivé aux Sables-d’Olonne, le 11 février après 95 jours de course au large sur le Vendée Globe, Alan Roura n’a pas une minute à lui. La «course médiatique», telle qu’il l’appelle, a débuté aussitôt le continent atteint. Une semaine après être remonté le chenal et avoir amarré «La Fabrique», le navigateur n’a pas encore pu dormir dans son lit. «Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, dans quelques semaines, le Vendée Globe n’aura plus d’intérêt pour personne.»

De passage en Suisse, assis face au Léman, accompagné de son épouse et de sa fille, le Genevois revient sur son expérience de navigateur solitaire autour de l’Antarctique. Il se souvient avoir senti l’odeur des industries de la côte avant de voir le continent et garde un sentiment étrange de l’arrivée aux Sables-d’Olonne désertés par le public. La course est à peine finie qu’elle fait partie du passé. C’est déjà sur la prochaine, dans quatre ans, qu’il se concentre désormais.