Deux ans après sa première victoire, l’Espagnol Alberto Contador a enlevé de nouveau le Tour de France dimanche à Paris, à l’issue d’une édition qui s’est conclue par la sixième victoire d’étape du Britannique Mark Cavendish.

A Paris, Contador a mis un point final à trois semaines d’une dure cohabitation au sein de l’équipe Astana avec son aîné, l’Américain Lance Armstrong, qui a pris la troisième place à 5 min 24 sec.

Au classement final, Contador (26 ans) a battu le Luxembourgeois Andy Schleck de 4 min 11 sec, la marge la plus large depuis la dernière victoire d’Armstrong en 2005.

Pour son retour sur le Tour, à près de 38 ans et après trois ans d’absence, Armstrong est parvenu à accéder au podium. Depuis Raymond Poulidor (40 ans en 1976), nul n’avait réussi cette performance.

Le Texan, maître à courir, a pesé sur la course dès la première semaine. Il a laissé planer un menace permanente sur Contador, grand favori de l’épreuve après ses succès dans les autres grands tours (Giro, Vuelta) en 2008, lorsque son équipe n’avait pas été invitée sur la Grande Boucle.

Débordé dans les contre-la-montre, Armstrong a montré un visage plus humain que lors de ses années de totale domination. Il a lutté en montagne, sans parvenir à rivaliser avec Contador, le plus fort dans l’exercice.

L’Espagnol, qui s’est emparé du maillot jaune dans la station suisse de Verbier (15e étape), l’a conforté dans le contre-la-montre d’Annecy (18e étape). Le Mont Ventoux, final à grand spectacle à la veille de l’arrivée, a laissé la hiérarchie inchangée.

Derrière Armstrong, le Britannique Bradley Wiggins a provoqué la sensation en rivalisant avec les grimpeurs. Champion olympique de poursuite à Athènes puis à Pékin, le Londonien a pris une inattendue quatrième place, devant le Luxembourgeois Frank Schleck, à qui son frère cadet Andy et Contador ont laissé la victoire dans la grande étape alpestre du Grand-Bornand.

Dans les Alpes, les deux premiers de l’édition précédente, l’Espagnol Carlos Sastre et l’Australien Cadel Evans, ont sombré. Tout comme le Russe Denis Menchov, le vainqueur du Giro il y a deux mois, dans l’incapacité de justifier son statut dès le début du Tour.

En revanche, la course a souligné la valeur de l’équipe Columbia et de ses jeunes talents. De l’Allemand Tony Martin, remarquable pour ses débuts, et plus encore du phénomène du sprint, Mark Cavendish, qui a remporté six étapes au total, la dernière en conclusion des 164 kilomètres de la 21e étape partie de Montereau-Fault-Yonne.

Le jeune Britannique (24 ans), un véritable phénomène de sa discipline, a accompli une performance inédite à l’époque contemporaine. Aucun coureur, pas même le Belge Freddy Maertens dans les années 1970 et 1980, n’avait gagné six étapes au sprint dans le même Tour.

Cavendish, qui s’est projeté à l’avant dimanche à la sortie du dernier virage, dans la roue de son coéquipier australien Mark Renshaw, est resté invaincu dans tous les sprints qu’il a disputés pour la victoire. Sur la ligne, il a devancé de plusieurs longueurs Renshaw qui a assuré le «doublé» pour l’équipe Columbia.

«Cannonball» a cependant dû laisser le maillot vert du classement par points au Norvégien Thor Hushovd (6e de l’étape des Champs-Elysées), plus complet. Pour assurer sa deuxième victoire dans ce classement très convoité, Hushovd est allé assurer des points dans les sprints intermédiaires, même dans les parcours de montagne.

A défaut de gagner une étape, l’Italien Franco Pellizotti a enlevé pour sa part le maillot à pois du meilleur grimpeur. Il a doublé ce succès du trophée de super-combatif.