Pour qui sait les voir, les premiers tours de Grand Chelem fourmillent d’histoires étonnantes, décalées, humaines. Celle-ci était cachée au bout de la folle journée de mardi, parmi les 96 matchs disputés ce jour-là à l’Open d’Australie. Elle semble anecdotique mais dévoile un pan peu raconté du monde du tennis professionnel.

Alejandro Tabilo est un joueur chilien classé 207e à l’ATP. Passé par les qualifications, il est programmé mardi 21 janvier en sixième et dernière rotation sur le court numéro 5. Coup de chance, son adversaire est à sa portée: Daniel Elahi Galán, Colombie, 186e mondial. Pour lui aussi, c’est une chance unique. Alors le match est serré, pas toujours beau parce que noué par la tension nerveuse, hasardeux et, forcément, très long: 3h25 de jeu. Lorsque Alejandro Tabilo lève les bras en vainqueur (4-6 6-3 6-4 6-7 6-4), c'est déjà la nuit, et même déjà le mercredi 22 janvier. Il sait ce qu’il fera le jeudi 23 (affronter l’Américain John Isner au deuxième tour) mais pas encore où il va dormir cette nuit.