Natalie Portman, Eva Longoria et Serena Williams ont un certain nombre de points communs: elles sont des femmes, des Américaines, des stars mondiales. Et, depuis ce mardi, elles sont en outre responsables d’une alerte glamour sur le championnat féminin professionnel nord-américain de football, la National Women’s Soccer League (NWSL).

Aux côtés de nombreuses autres personnalités, dont plusieurs anciennes joueuses célèbres comme Lauren Cheney Holiday et Abby Wambach, elles ont annoncé la création d’une nouvelle équipe basée à Los Angeles et appelée à rejoindre la compétition en 2022. L’attroupement de célébrités peut évoquer la fondation, en 1991, de la chaîne de restaurants Planet Hollywood, financée majoritairement par Arnold Schwarzenegger, Demi Moore, Bruce Willis, Sylvester Stallone et Whoopi Goldberg. Mais, même si les joies du fast-food sont indissociables de la culture sportive nord-américaine, il n’est pas ici question de vendre des hamburgers.

Le projet porte l’ambition de développer la NWSL au sud de la côte Ouest du pays, un territoire jusqu’ici délaissé: la formation la plus proche évolue à Salt Lake City, à 1000 kilomètres de là. Il véhicule aussi un symbole fort: la franchise pour l’instant désignée comme «Angel City», qui doit arrêter son nom définitif d’ici à la fin de l’année, est la première à voir le jour sous l’impulsion d’un groupe majoritairement féminin.

Propriétaires masculins

Cette annonce s’inscrit dans un contexte où le football joué par des femmes est devenu un vecteur de militantisme important. Le succès populaire international de la Coupe du monde 2019 en France a servi de mégaphone à toute une série de joueuses activistes qui, dans le sillage de l’incontournable Megan Rapinoe, avaient beaucoup de choses à dire. Oui: voilà quelques années que le football féminin parvient à faire entendre sa voix de plus en plus fortement. Mais il reste très largement organisé par des hommes.

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C’est le cas jusqu’en Amérique du Nord, malgré une culture universitaire où le soccer fut longtemps une affaire de filles. La preuve en NWSL, qui compte à ce jour neuf équipes dont six sont affiliées à des franchises masculines de Major League Soccer, mais aussi d’USL Championship (l’équivalent de la deuxième division) et même de Ligue 1 française, depuis que l’OL Groupe (maison mère de l’Olympique Lyonnais) a mis la main sur le Reign, dans la région de Seattle, en début d’année. Les trois dernières formations sont indépendantes, mais l’intégralité de leurs propriétaires (et de leurs head-coachs) sont des hommes.

Un vent de changement

Les fondatrices de la future franchise de Los Angeles veulent faire souffler un vent de changement. Mais pas que sur le plan symbolique. Il est question de définir «de nouvelles règles pour la construction d’une équipe sportive professionnelle», dixit Kara Nortman. C’est ainsi qu’un partenariat a d’ores et déjà été conclu avec le Play Equity Fund de la LA84 Foundation, un programme visant à faire du sport un outil de justice sociale, et à le rendre accessible à tous les enfants sans aucune distinction. La structure poursuivra également des objectifs d’équité des genres.

«Nous ne voulons pas seulement construire une équipe performante sur le terrain, mais aussi développer une base de supporters passionnés et avoir un impact substantiel sur notre communauté», résume Natalie Portman dans le communiqué officiel de la NWSL. Très engagée depuis des années, l’actrice et réalisatrice a compris qu’il y avait plus à gagner, sur un terrain de football, que de simples matchs.