La semaine se termine bien pour les organisateurs du Geneva Open. Elle fut éprouvante avec, successivement, une cascade de forfaits, un plateau à remonter en dernière minute, une polémique après la promesse non tenue de wild card pour le Genevois Johan Nikles puis, à mesure qu’avançait le tournoi, la défaite systématique du favori ou de la tête d’affiche, à commencer par Stan Wawrinka.

Restait Alexander Zverev. Et Alexander Zverev est resté jusqu’au bout. Le jeune Allemand s’est qualifié pour la finale en battant difficilement l’Argentin Federico Delbonis (7-5 6-7 6-3) au terme d’une partie sans rythme ni mesure. Dans chacune des trois manches, Zverev se détacha rapidement, principalement sur sa qualité de service. Mais il se fit remonter de 5-1 à 5-5 dans le premier set (tout de même remporté 7-5), de 4-2 à 4-4 dans le deuxième (perdu 8-6 au tie-break), et ne fut pas loin de craquer à nouveau dans le troisième en donnant sur une double faute une balle de 4-4 à son adversaire après avoir mené 4-2.

Etonnant joueur que le cadet des Zverev, déjà numéro 5 mondial à seulement 22 ans et qui, pourtant, ne semble jamais cesser de décevoir. Le public lui préfère déjà les plus jeunes Stefanos Tsitsipas et Félix Auger Aliassime, que L’Equipe Mag surnomme «le Mbappé du tennis». Vainqueur des derniers Masters en novembre, Zverev n’a pas confirmé en 2019, où il ne comptabilise pour l’heure aucun titre (une finale à Acapulco) et un bilan trop modeste pour lui de 16 victoires pour 10 défaites.

«Une énigme»

«Pour moi, ce gars est vraiment une énigme, nous expliquait récemment Marc Rosset. Il est meilleur contre un Djokovic que contre un Kohlschreiber! Face à moins fort que lui, il n’a plus le même relâchement ni la même envie de faire mal à l’adversaire. S’il n’est pas armé psychologiquement pour gagner les matchs où il est favori, ce qui est quand même un peu l’impression qu’il donne, ça peut devenir un gros souci pour la suite de sa carrière. Il a besoin de gagner des titres pour se mettre en confiance.»

Ce sera peut-être pour ce samedi, face au Chilien Nicolas Jarry, facile vainqueur en ouverture de programme du Moldave Radu Albot (6-3 6-4). Peu connu du grand public, Jarry – même taille (1,98 m), même poids (90 kg) et à peu près le même âge que Zverev (23 ans contre 22) – n’a pas le même pedigree que l’Allemand mais il a remporté leur récente et unique confrontation, il y a un mois à Barcelone.