La plus grande régate sur un lac d'Europe jouit d'une popularité immuable. Cette année, l'apparition des huit multicoques monotypes Décision 35 (Catégorie M1) anime les discussions dans le milieu de la voile lémanique. Les équipages, venus des quatre coins d'Europe disposent du même matériel. Les hommes aux commandes de ces catamarans parfaitement identiques joueront donc un rôle déterminant. Quelle sera l'équipe la plus agile? Assistera-t-on à une bataille intense, comme lors de Genève-Rolle-Genève du samedi 5 juin (victoire de Zebra 7, avec Loïck Peyron)? Alors que ces questions agitent les observateurs, laissant une très large place aux paris et aux spéculations, la pression monte chez les favoris: «Toutes les équipes se sont beaucoup entraînées; nous avons navigué près de 150 heures et les préparateurs techniques ont énormément travaillé sur les bateaux», confie Pierre-Yves Jorand, skipper d'Alinghi D35, l'équipe d'Ernesto Bertarelli.

Après la tempête inoubliable de la nuit du Bol d'Or 2003, la météo devrait être relativement clémente. Samedi, une perturbation finira de traverser la Suisse; quelques averses se développeront de façon irrégulière et les vents soufflant du Jura laisseront progressivement place à la bise (qui sera plus marquée durant la journée de dimanche).

Ce week-end, les deux trophées de la course pourraient être remportés définitivement: le Bol d'Or par Alinghi (victoires en 2002 et 2003), et le Bol de Vermeil (pour le premier monocoque) par Taillevent II (victoires en 2001 et 2003). En effet, le règlement prévoit que le Bol d'Or revienne à l'équipe qui gagnerait trois fois en cinq ans.

Afin d'assurer la sécurité, le lac sera divisé en neuf secteurs, avec 18 bateaux privés en charge de la surveillance. Au total, 120 bénévoles seront à l'œuvre. Pour le spectacle à distance, plusieurs bateaux munis de GPS permettront de suivre la course sur Internet (http://www.boldor.ch). Radio Lac, relayée par la RSR, assurera la retransmission.